Polars, intrigues, thrillers et romans noirs

Jeudi 28 mai 2009

Isolée sur un atoll de l'océan Indien, la fine fleur de la physique mondiale est en quête du Graal. Elle œuvre à un ambitieux projet fondé sur la théorie des cordes, qui permettrait d'ouvrir le temps. S'ils parviennent avec ravissement à contempler le passé de l'humanité - la crucifixion du Christ ou la terre à l'ère jurassique -, les scientifiques perçoivent rapidement que ce programme, financé par de mystérieux fonds privés, pourrait connaître des applications moins angéliques. Un drame conduit à la suspension immédiate des recherches, dispersant aux quatre vents les apprentis sorciers.

Dix ans plus tard, clans une université de Madrid, Elisa Rohledo déplie un journal pour étayer une thèse de physique théorique. Une fraction de seconde lui suffit à comprendre qu'elle est en danger de mort. Aux côtés d'un confrère, depuis toujours intrigué par la modestie des aspirations professionnelles de la séduisante physicienne au regard de son cursus académique, Elisa et ses anciens acolytes retournent aux origines de la tragédie, sur cet îlot où ils avaient profané le temps.



Bilan de lecture mitigé : je m’attendais à un thriller haletant de bout en bout et je me suis retrouvée avec un roman qui démarre bien mais qui rapidement ne tient plus ses promesses, la monotonie guettant même en fin de parcours. Pourtant le thème avait tout pour me séduire et la fluidité de l’écriture de Somoza est toujours aussi agréable à lire. Mais trop de répétitions, le manque de souffle, une histoire qui s’englue, des ficelles narratives récurrentes et des explications qui manquent cruellement de vraisemblance ont fait que je me suis retrouvée à tourner les pages gentiment mais sans conviction aucune, avec même une pointe d’ennui (un comble pour un thriller). C’est étrange mais Somoza a réussi à me faire totalement douter de la crédibilité de son récit là où d’autres auteurs, beaucoup plus fantasques et imaginatifs, réussissent à me convaincre de par la cohérence de l’univers qu’ils proposent. Dommage car il y avait matière à construire un thriller plus efficace et mieux abouti.

Ceci dit, un petit tour sur le net me fait dire qu’il y a plus de lecteurs enthousiastes que de mécontents, même si je ne suis pas isolée non plus. A vous de faire votre propre opinion, comme toujours ;-)

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Samedi 16 mai 2009
Le polar venu du froid ayant le vent en poupe, et après avoir apprécié les auteurs islandais Arnaldur Indriðason et Arni Thorarinsson sans oublier l’auteur suédois Stieg Larsson et sa désormais très célèbre trilogie « Millénium », j’avais envie de me frotter un peu à un autre auteur de polar nordique, plus précisément le norvégien Gunnar Staalesen.

Gunnar Staalesen se lance dans le roman policier en créant en 1975 le détective privé Varg Veum, homme solitaire connaissant des problèmes d’alcool et explorant à l’occasion de ses enquêtes les plaies et vices de la société norvégienne. Bref, un héros sans grande originalité qui respecte assez bien les règles du genre, tout en permettant à l’auteur de donner une vision réaliste de la société norvégienne en allant plus loin que les images d’Épinal que nous pouvons avoir du célèbre modèle social scandinave.

« La Femme dans le frigo », écrit en 1981 et publié pour la première fois en France aux éditions Gaïa en 2003, est le quatrième volume de la série des Varg Veum, après « Le loup dans la bergerie », « Pour le meilleur et pour le pire», et « La Belle dormit cent ans ».

Un jeune homme a disparu. Employé sur les plates-formes pétrolières du port norvégien de Stavanger, il n’a plus donné signe de vie
à sa mère, une femme âgée d'une soixantaine d'années,  depuis son retour à la terre ferme . Le détective privé Varg Veum, engagé par cette femme qui s’inquiète de ce long silence et qui n’arrive plus à joindre son fils depuis lors, part enquêter dans cette ville étrange transformée par l'or noir. Un garçon sans histoires. La logeuse confirme. L'appartement est vide. Aucune trace de désordre. A un détail près : dans le frigo, le corps sans tête d'une femme...

Que dire sur ce roman ? Gunnar Staalesen a une plume honnête mais cela n’a pas suffit à me convaincre totalement. L’intrigue n’est pas follement originale et le propos guère plus (la ville qui se dégrade depuis l’exploitation de son or noir et dans laquelle le progrès et la croissance vont de pair avec l’augmentation de la criminalité en tous genres, ce n’est tout de même pas très novateur). Soulignons tout de même que l’écriture de ce roman n’est pas toute récente, puisqu’elle date de 1981 ! Il est bien possible que le propos et l’intrigue faisaient preuve de plus d’originalité à cette époque alors qu’il donne une impression de déjà vu à l’heure actuelle. Il ne reste que ce roman si lit facilement sans trop de mauvaises surprises non plus.
Dommage qu’il y ait un si grand décalage entre les parutions originales de la série des Varg Veum et celles traduites en français car j’aurais bien volontiers essayé de me procurer un de ses derniers romans pour ne pas rester sur cette impression mitigée et constater par moi-même le parcours suivit par l’auteur depuis lors.

Papillon n’est pas plus convaincue que moi tandis que Clarabel l'est nettement plus. Philippe, qui est pourtant un grand fan de la série, s'est également ennuyé à la lecture. Je n'ai sans doute pas pioché le bon roman au titre pourtant si accrocheur. Suite au conseil de cynic63, je tenterai sans doute prochainement "Les anges déchus" !

La Femme dans le frigo de Gunnar Staalesen, traduit du norvégien par Elisabeth Tangen, Editions Folio Policier, ISBN 2070315614, 03/2006, 316 pages


Par Sentinelle
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Mardi 12 mai 2009

Le sergent Barbara Havers est résolument laide et revêche et bien décidée à le rester. Elle adore son boulot mais l'idée de faire équipe avec l'inspecteur Lynley, un ancien d'Eton, pur produit de l'aristocratie britannique, lui est insupportable. Un type qui prétend travailler à Scotland Yard pour se rendre utile à la société, au lieu de vivre sur ses terres ! Un type pourri de charme et avec qui aucune femme n'est en sécurité. Sauf la pauvre Barbara évidemment... Mais les querelles de ce couple inattendu cessent vite devant l'atrocité d'un crime qu'ils sont chargés d'élucider. Dans un paisible village d’Yorkshire, on a trouvé le corps sans tête de William Teys, paroissien modèle. A côté du cadavre, une hache et, près de la hache, une grosse fille qui gémit : "C'est moi qui ai fait ça et je ne le regrette pas." L'épouvante ne fait que commencer.


Elizabeth George est une auteure américaine qui excelle dans l'écriture de romans policiers "à l'anglaise". Les enquêtes sont menées par un couple de policiers du Scotland Yard, la célèbre police métropolitaine de Londres. Il se fait que ces deux policiers sont plutôt aux antipodes l’un de l’autre : l’inspecteur Thomas Lynley, huitième comte d’Asherton, élégant, riche, tombeur, cultivé et plein de compassion pour autrui, et le sergent Barbara Havers, femme frustre, mal fagotée, plutôt laide, issue d'une banlieue crasseuse de Londres et qui déteste par-dessus tout l’aristocratie britannique. Un couple improbable aux origines sociales et aux préoccupations quotidiennes diamétralement opposées qui devront apprendre à dépasser leurs différences pour résoudre les affaires criminelles. Notez également qu’Elizabeth George se distingue des auteurs de polars par l’importance qu’elle accorde à la psychologie des personnages, son DEA obtenu en psychopédagogie ne devant pas être étranger à sa finesse d’analyse des comportements humains. De ce fait, la description minutieuse des actes et des situations qui précéderont le crime lève le voile le plus souvent – mais pas toujours - sur un meurtrier profondément humain pour qui nous pouvons éprouver une certaine compassion.

J’ai découvert Elizabeth George il y a maintenant quelques années. J’ai très vite accroché à son style : importance de la psychologie des personnages, ambiance très british, roman touffu qui prend le temps de disséquer les faits sans oublier l’intérêt porté au couple de policiers qui sont des personnages à part entière dans la mesure où nous suivons leur évolution au fil des romans. Ce que j’apprécie également dans ses romans est le fait que l’auteure effectue un travail de recherche et de documentation impressionnant avant d’explorer de fond en comble une problématique individuelle ou un fait de société, donnant par la même une grande crédibilité à ses enquêtes. Petit bémol toutefois : l’auteure n’évite pas toujours certaines longueurs, il vaut mieux donc avoir du temps devant soi avant de se plonger dans un de ses romans, raison pour laquelle je les lis souvent en période de congé.

Je n’ai malheureusement pas commencé la série dans l’ordre de parution, dans la mesure où cela n’était pas vraiment indispensable pour suivre le déroulement de chaque nouvelle enquête mais je le regrette un peu car j’ai parfois manqué de repères pour bien comprendre l’évolution des personnages, que ce soit au niveau de leur vie privée qu’au niveau professionnel. Je vous conseille donc de ne pas faire comme moi et de suivre si possible l’ordre de parution des romans (17 romans déjà parus à ce jour).

Quant à moi, j’en suis à mon cinquième roman lu de l’auteure, qui est également le premier de la série. J’ai envie de dire que la lecture de ce premier roman, « Enquête dans le brouillard », est essentielle dans la mesure où c’est dans ce roman qu’Elizabeth George campe ses personnages principaux et que nous percevons à quel point la différence des classes sociales peut être génératrice de dissensions. Quant à l’intrigue, elle n’est pas vraiment représentative des enquêtes habituelles, qui seront plus fouillées et mieux documentées par la suite. Mais je n’ai pas du tout boudé mon plaisir, que du contraire, j’ai passé un très bon moment de lecture en compagnie de l’inspecteur Thomas Lynley et du sergent Barbara Havers, une fois de plus !


Par Sentinelle
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Mercredi 8 avril 2009

 

Le corps d'un petit garçon était couché dans la neige lorsque la voiture d'Erlendur est arrivée au pied de l'immeuble de banlieue, en cette fin d'après-midi glaciale de Reykjavik. II avait douze ans, rêvait de forêts, ses parents avaient divorcé et sa mère venait de Thaïlande, son grand frère avait du mal à accepter un pays aussi froid. Le commissaire Erlendur et son équipe n'ont aucun indice et vont explorer tous les préjugés qu'éveille la présence croissante d'émigrés dans une société fermée. Erlendur est pressé de voir cette enquête aboutir, il néglige ses autres affaires, bouscule cette femme qui pleure au téléphone et manque de philosophie lorsque ses enfants s'obstinent à exiger de lui des explications sur sa vie qu'il n'a aucune envie de donner. La résolution surprenante de ce crime ne sortira pas Erlendur de son pessimisme sur ses contemporains. Dans cet impressionnant dernier roman, Indridason surprend en nous plongeant dans un monde à la Simenon. Il a reçu pour ce livre et pour la troisième fois le prix Clé de Verre du roman noir scandinave.

 

Cinquième enquête du commissaire Erlendur traduite en français, « Hiver Arctique » nous plonge dans une atmosphère froide et pesante, teintée de désespoir et de mélancolie. Intrigue moins sophistiquée que son précédent roman, « L’homme du lac », il n’en demeure pas moins de bonne facture.  Pour les fans de polar intimiste, dans lequel le réalisme social et  la psychologie des personnages prennent largement le pas sur l’action,  Arnaldur Indridason lève une fois de plus le voile sur l’absurdité des hommes et le malaise de notre civilisation. J'aime beaucoup, comme toujours, et j'attends la traduction de son prochain roman avec impatience !

 

Du même auteur, cliquez sur les couvertures pour accéder aux billets correspondants :


 

 

A noter : la première enquête du commissaire Erlendur, La cité des Jarres, a été adaptée au cinéma sous le titre Jar City.


Hiver Arctique de Arnaldur Indridason, traduit de l’islandais par Eric Boury, Editions Métailié, Collection Noir, ISBN 2864246732, 02/2009, 334 pages

Par Sentinelle
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Lundi 23 février 2009
Quatrième de couverture

Trois mètres de toile manquent à la tapisserie de Bayeux, qui décrivent les derniers rebondissements de l'invasion de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant. Que représentaient-ils ? Les historiens se perdent en conjectures. Une jeune conservatrice du patrimoine, Pénélope Breuil, ronge son frein au musée de la Tapisserie, à Bayeux. La directrice du musée, dont elle est l'adjointe, est victime d'un attentat. Des fragments de tapisserie réapparaissent à Drouot. Pénélope est convoquée par le patron du Louvre qui lui confie une mission discrète. Cette semaine-là, Diana, princesse de Galles, et Dodi al-Fayed, disparaissent sous le tunnel du pont de l'Alma. Devant Pénélope éberluée se déroule l'histoire secrète de la tapisserie. Un mystère qui débute en 1066 et se prolonge jusqu'à ces jours tragiques de 1997. Drôle de trame...

Voilà un roman qui se dévore sans peine : énigme policière trépidante aux multiples rebondissements, nombreuses références culturelles et historiques, humour, clins d’œil divers, écriture fluide, en un mot, une lecture divertissante. Si j’ai lu avec beaucoup de plaisir ce roman, je me suis également surprise à éprouver un goût de trop peu à la fin de ma lecture. Avec du recul, j'ai trouvé qu'il avait un côté un peu clinquant dans son côté artificiel et caricatural.  Je regrette également le peu de profondeur dans la psychologie des personnages, conférant un certain manque d’épaisseur à l’ensemble qui conduit à un roman superficiel et léger.

« Intrigue à l'anglaise » n’en demeure pas moins un roman plaisant truffé d’anecdotes surprenantes qui se lit très vite mais qui sera également, je le crains, très vite oublié.

Adrien Goetz, historien d'art et romancier, a reçu le prix des Deux Magots et le prix Roger Nimier pour son roman « La Dormeuse de Naples ». Intrigue à l'anglaise est son deuxième roman chez Grasset.

Le Bibliomane et Chatperlipopette ont beaucoup aimé, Bernard aussi même s’il y met deux bémols que je partage totalement.


Intrigue à l'anglaise de Adrien Goetz, Editions Grasset & Fasquelle, ISDN 2246723914, 03/2007, 335 pages

Par Sentinelle
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Samedi 14 février 2009


J’aime beaucoup les polars venus du froid : ils ont une tonalité particulière et je savoure à chaque fois ma lecture du moment. Il s’agit cette fois-ci de l’auteur islandais Arni Thorarinsson et de son deuxième roman traduit en français aux éditions Métailié qui s’intitule Le Dresseur d'insectes.

 

Il se trouve que je suis tombée dessus par hasard à la bibliothèque au rayon nouveauté et je n’ai évidemment pas résisté à l’appel.  Ceci dit, j’ai parfois eu bien du mal à me faire aux noms des protagonistes, souvent bien difficiles à se remémorer.  Je vous conseille donc, dans la mesure du possible, de commencer par le premier opus, Le temps de la sorcière, de façon à se familiariser avec les personnages et de ne pas se sentir trop démuni lorsqu’ils apparaissent dans ce second opus. Ne vous découragez pas si ce premier roman ne vous enthousiasme pas plus que cela, il semblerait effectivement que son deuxième opus soit bien meilleur mais je ne saurais le certifier, je vous en reparlerais donc le moment venu lorsque je l’aurai lu à mon tour.

 

Et puisque je suis occupée à vous parler des  noms biens compliqués des nombreux personnages qui émaillent ce récit, je ne résiste pas à vous faire un petit commentaire en marge de ce roman.  Car s’il est parfois laborieux de s’y retrouver, il est tout aussi difficile de savoir si nous avons affaire à un personnage masculin ou féminin, ce qui avouons-le, jette un trouble supplémentaire à cet épineux problème de « noms » islandais (je mets noms entre guillemets car, comme vous allez le lire plus bas, il ne s’agit pas vraiment de noms mais de prénoms).  Oui je sais, cela semble bien compliqué c’t’affaire.

Pour nous éclairer un peu, Eric Boury, le traducteur français du roman, a eu la très bonne idée de nous aider dans ce débroussaillage : sachez que les noms de famille sont très rares en Islande. Du coup, ce que vous prenez pour le nom qui suit le prénom n’est autre que le prénom du père ou, à quelques rares cas, celui de la mère, suivi de –son(fils) pour les hommes et de –dottir(fille) pour les femmes. De même, si vous cherchez quelqu’un dans l’annulaire téléphonique ou dans quelque fichier que ce soit, cette recherche s’effectuera par le prénom de la personne. Etonnant, n’est-il pas ?

 

Sur ce, fermons cette parenthèse – qui je l’espère était des plus intéressantes - pour mieux revenir au roman…

 

Au lendemain de la grande fête des commerçants de Akureyri, la grande ville du Nord de l'Islande, on dénombre de nombreuses gueules de bois, quelques dépucelages, plusieurs agressions, plusieurs viols aussi. Mais une femme qui se présente sous le nom de Victoria demande à Einar, le correspondant local du Journal du soir, de se rendre immédiatement, avec la police, dans une "maison hantée" de la vieille ville: ils y découvrent le corps d'une jeune fille étranglée. Personne n'a signalé de disparition. Peu après, Einar apprend que son informatrice, entrée dans une clinique de désintoxication, a été assassinée. Fort de son expérience d'ancien alcoolique, il se fait interner pour mener son enquête. Résistant à la pression de son rédacteur en chef avide de sensationnel, il saura découvrir l'identité réelle des deux victimes, engluées dans des relations perverses, et impuissantes devant les puissances de la modernité qui transforment à marche forcée une société dans laquelle la famille a gardé toute son importance.

 

 

Première originalité de ce roman, le protagoniste principal de cette série, Einar, n’est pas un policier mais un journaliste qui a été muté dans les territoires du Nord du pays. Ce qui est moins original, c’est que ce monsieur souffre de problèmes d’alcool (je vais finir par croire que tous les islandais sont des alcooliques en puissance), bien qu’il semblerait que ce ne soit bientôt plus qu’une ancienne habitude. En attendant, ce sont ces anciens démons qui l’aideront à s’immiscer dans le clinique de désintoxication afin de mener son enquête, à savoir découvrir les circonstances qui ont mené au meurtre de son informatrice.

Il faut dire que les responsables du journal local du soir sont avides de sensationnalisme afin d’augmenter au maximum les ventes et que Einar est prêt à tous les sacrifices pour nourrir la bête, son sens de la justice et sa curiosité faisant le reste. Il est bien question de surenchères journalistiques, de conflits éditoriaux et autres mais j’avoue que je n’ai pas trop suivi cet aspect là du roman.

 

Car ce qui m’intéresse avant tout dans ces polars venus du froid, c’est qu’ils vont bien au-delà de l’intrigue policière pour mieux ausculter la société islandaise et ses travers, bien éloignés des clichés touristiques : libéralisme des jeunes, alcool, drogue, influence de la culture américaine, viol et prostitution pour un éventuel moment de gloire, l’Islande n’est décidemment plus une île isolée de tout mais bien un espace où la mondialisation gagne du terrain (ceci dit, les récents problèmes politiques et économiques islandais ont depuis lors bien tordu le cou à ces mêmes clichés). Ce roman ne faisant pas exception à la règle, je l’ai dévoré en deux jours à peine et j’en redemande !




Le Dresseur d'insectes de Arni Thorarinsson, traduit de l’islandais par Eric Boury, Editions Métailié, Collection Noir, ISBN 286424666X, 10/2008,  345 pages

 


Par Sentinelle
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Samedi 7 février 2009


2006, Hattiesburg, dans le Maine. Rachel, l'assistante du shérif du comté, enquête sur la disparition de quatre jeunes serveuses. Elle disparaît à son tour. Marie Parks, profileuse au FBI qui possède des dons de médium et s'est spécialisée dans la traque des cross-killers - les tueurs en série qui voyagent -, est chargée d'enquêter sur la disparition de Rachel. Elle retrouve son corps torturé et la dépouille des quatre disparues crucifiées dans une crypte. Le tueur, abattu par le FBI, est un moine qui porte les signes du Diable.


Quelques jours plus tard, au Vatican, le cardinal Oscar Camano, patron de la congrégation des Miracles, apprend que les quatre jeunes femmes assassinées sont les religieuses qu'il avait envoyées aux Etats-Unis pour enquêter sur la vague de meurtres qui frappent l'ordre des Recluses, un ordre très ancien, chargé depuis le Moyen Age de protéger et d'étudier les manuscrits interdits de la chrétienté. Il confie au meilleur de ses exorcistes, le père jésuite Carzo, le soin de retrouver la trace de cet évangile que l'Eglise a perdu six siècles plus tôt...

 


Dans ma bibliothèque depuis 2007, j’en ai mis du temps avant de me décider à le lire. Faut dire, c’est mon cher et tendre qui l’avait introduit chez nous et ce roman n’a plus arrêté de me narguer du haut de son étagère depuis lors. Et bien voilà, maintenant c’est terminé de tourner autour, je l’ai enfin lu ! C’est qu’il a fallu dépasser mes appréhensions initiales, à savoir : « quoi, encore un thriller religieux à la Da Vinci Code ? », car il s’agit bien d’un thriller ésotérique comme il en existe tant depuis le grand succès de Dan Brown et je demeure très circonspecte quant au genre, avec l’impression qu’on nous sert toujours la même soupe plus ou moins épicée selon l’auteur du jour.

 

Alors, mon verdict pour ce premier roman de Patrick Graham ?

Et bien, il y a du bon et du moins bon.

Commençons par le moins bon. Après un début sur les chapeaux de roues, le récit se prend un peu les pieds dans le tapis, particulièrement dans le dernier tiers : trop d’intrigues parallèles, trop d’allers-retours entre les personnages et les époques, sans oublier quelques longueurs qui parsèment le récit. Il aurait donc gagné à concentrer son intrigue et épurer son histoire.

Rien de bien neuf non plus sous les tropiques du satanisme, des secrets du Vatican et du grand complot universel, bref on retrouve les grosses ficelles du genre.

Passons enfin au meilleur. C’est que Patrick Graham sait y faire, il n’y a pas de doute là-dessus ! Il réussit à nous faire mordre à l’hameçon dès les premières pages : j’ai adoré me plonger dans ce Moyen-Âge emporté par la grande Peste, dans une ambiance sombre et oppressante, du temps de la sainte inquisition et de l’ordre des Recluses. J’ai apprécié aussi le versant fantastique de l’œuvre : médium, exorcisme, envoûtement, possession, transe,  rien de bien neuf non plus mais plaisant tout de même.

 

En conclusion, un bon thriller ésotérique et fantastique divertissant sans grandes surprises qui ne renouvelle pas le genre mais un premier roman prometteur. Le deuxième roman de Patrick Graham est paru depuis lors, « L'Apocalypse Selon Marie », qui reprend le personnage clé du premier roman, à savoir Marie Parks, profileuse au FBI et médium dans la vie.

 

 

Hydromielle et La liseuse ont beaucoup aimé.

 

 

L’évangile selon Satan de Patrick Graham, Editions Anne Carrière, ISBN 2843373808, 02/2007, 525 pages

Paru également aux éditions Pocket, Collection Thriller, ISBN 2266173588, 01/2008, 659 pages

Par Sentinelle
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Mercredi 24 décembre 2008


Adamsberg part pour trois jours de colloque à Londres. Estalère, le jeune brigadier, et Danglard - terrorisé à l’idée de passer sous la Manche - sont du voyage. Tout devait se passer de manière aérienne et décontractée, mais un événement macabre alerte leur collègue de New Scotland Yard, Radstock.

Clyde-Fox, un original local, lui parle du vieux cimetière de Highgate. Des chaussures - avec des pieds dedans - font face au cimetière, « un des cimetières romantiques les plus baroques de l’Occident », un lieu macabre, gothique, unique.

Tandis que l’enquête anglaise commence, les français rentrent au pays, et se retrouvent confronté à un horrible massacre dans un pavillon de banlieue.

De fil en aiguille, Adamsberg, avec l’aide de Danglard, remonte une piste de vampires, et de tueurs de vampires, jusqu’en Serbie.

 

Je voulais suivre les enquêtes du commissaire Adamsberg dans l’ordre de publication des tomes composant la série mais après avoir lu le premier et deuxième tome, respectivement « L’homme aux cercles bleus » et « L’homme à  l’envers »,  ne voilà-t-il pas que je tombe sur son petit dernier à la bibliothèque ! Je n’ai évidement pas résisté à l’appel et me suis jetée dessus goulûment … d’autant plus qu’on y parle de vampires et que j’aime bien cette thématique en général.

 

Un fameux saut dans le temps, puisque je suis passée de « L’homme à l’envers » écrit en 1999 à « Un lieu incertain » écrit en 2008, soit neuf années, et il s’en est sans nul doute passer des choses dans la vie du commissaire pendant ces neuf années. Mais ce n’est pas cette inconnue qui m’a le plus dérangée, car finalement, après avoir pris connaissance de l’un ou l’autre des éléments, on s’y retrouve très bien. Non, ce qui m’a le plus déroutée est le changement opéré dans l’écriture de Fred Vargas. Ce qui faisait avant tout le charme des romans de Vargas, à savoir une écriture aérée, l'importance des personnages secondaires succulents, une certaine légèreté et un humour décalé, font  ici défaut. Ecriture plus resserrée, propos concentré avant tout sur une intrigue emberlificotée comme jamais, personnages trop nombreux ont fait que j’ai avant tout subi ce qui me séduit le moins chez Vargas. Du coup, j’ai un peu peiné à la lecture, j’ai parfois trouvé le temps long, je me suis un peu perdue en cours de route par inattention, bref je suis restée un peu sur les quais. Ce roman manque de souffle, de respiration, je n’y ai pas retrouvé avec autant de plaisir la patte de l’auteur . Je vais donc reprendre mes bonnes résolutions initiales et continuer les aventures du commissaire dans l’ordre d’apparition des romans en oubliant un peu ce dernier tome, qui je l’espère, n’inaugure pas un passage à vide ou un manque d’inspiration pour la continuité…

 

Ceci dit, après avoir fait un petit tour d’horizon sur les blogs, « Un lieu incertain » semble avoir trouvé son public. A vous de juger donc, plus que jamais ;-)



Un lieu incertain de Fred Vargas, Editions Viviane Hamy, ISBN 2878582853, 06/2008, 383 pages


Par Sentinelle
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Vendredi 14 novembre 2008
Quatrième de couverture

Un matin, la cantatrice Sophia Siméonidis découvre, dans son jardin, un arbre qu'elle ne connait pas. Un hêtre. Qui l'a planté là ? Pourquoi ? Pierre, son mari, n'en a que faire. Mais la cantatrice, elle, s'inquiète, en perd le sommeil, finit par demander à ses voisins, trois jeunes types un peu déjantés, de creuser sous l'arbre, pour voir si... Quelques semaines plus tard, Sophia disparaît tandis qu'on retrouve un cadavre calciné. Est-ce le sien ? La police enquête, Les voisins aussi. Sophia, ils l'aimaient bien. L'étrange apparition du hêtre n'en devient que plus énigmatique.

Quelques chiffres : « Debout les morts » est le quatrième roman de l’auteur, mon troisième Fred Vargas et ma première infidélité au commissaire Adamsberg !

A l’instar des trois mousquetaires, ce n’est pas trois mais quatre personnages qui prendront le relais du fameux commissaire : un trio d’historiens appelés les Evangélistes - Mathias spécialiste de la préhistoire, Marc du Moyen Âge et Lucien de la première guerre mondiale – et l’oncle de l’un d’eux, le vieux Vandoosler, un ancien flic mis sur la touche car un brin trop ripou. Le tout cohabitant dans la même maison délabrée, située dans le voisinage de la cantatrice Sophia Siméonidis, disparue mystérieusement. Ni une ni deux, nos joyeux comparses vont se transformer en improbables détectives prêts à tout pour découvrir le meurtrier.

Ce roman ne déroge pas à la règle, nous y retrouvons le ton et le style Fred Vargas : l’essentiel n’est pas du côté de l’intrigue mais du côté des personnages excentriques et originaux, de l’humour, des situations cocasses, des méthodes d'investigation surprenantes et de l’ambiance déjantée. Une lecture pour se faire plaisir, tout simplement…

Prix du polar de la ville du Mans 1995, prix mystère de la critique 1996, prix Duncan Lawrie International Dagger 2007 qui récompense le meilleur roman policier étranger paru en Grande-Bretagne.


Appréciation : note.gif note.gif note.gif

Editions Viviane Hamy, Collection Chemins nocturnes, ISDN 2840111349, 04/1995, 269 pages


Du même auteur (cliquez sur le couverture pour lire le billet correspondant) :


       

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Lundi 3 novembre 2008

Un nouveau cadavre est retrouvé à Reykjavik. L'inspecteur Erlendur est de mauvaise humeur : encore un de ces meurtres typiquement islandais, un " truc bête et méchant " qui fait perdre son temps à la police... Des photos pornographiques retrouvées chez la victime révèlent une affaire vieille de quarante ans. Et le conduisent tout droit à la " cité des Jarres ", une abominable collection de bocaux renfermant des organes...

N’ayant pas lu la série dans l’ordre de parution des romans, La cité de Jarres est la première enquête de l’inspecteur Erlendur mais ma troisième lecture en ce qui me concerne. Une conclusion s’impose à la lecture de mes trois romans d’Indridason : je suis accro à l’ambiance particulière de ces polars venus du nord, au ton sombre, rude et froid.

Ce premier roman, où il est question de viol, de filiation, d’hérédité et de recherches génétiques, est de bonne facture et ne m’a pas déçue, même si je l’ai trouvé un peu en deçà des autres romans déjà lus : l’approche psychologique y est moins poussée et le dénouement sans trop de surprises. Mais nous sommes bien chez l’inspecteur Erlendur : la victime est plus du coté du meurtrier que celui de la personne assassinée, l’enquête en cours sert souvent de prétexte à dénouer les fils d’événements qui se sont passés bien avant le meurtre proprement dit et l’élucidation de disparitions anciennes y tient toujours une place prépondérante.

On y parle également d’actualité scientifique islandaise et de débats éthiques qui ont agité le pays lorsque la société DeCode Genetics, filiale d’un puissant groupe pharmaceutique, a acheté pour une somme rondelette au gouvernement islandais les données génétiques de toute la population en vue d’effectuer des recherches de grande ampleur sur les maladies génétiques héréditaires, la population insulaire constituant un groupe cible idéal pour ce type de recherche du fait de sa grande homogénéité.

'La Cité des jarres' a remporté le prix Clé de verre du roman noir scandinave, le prix Mystère de la critique 2006 et celui du coeur noir. Il a également été adapté au cinéma sous le titre Jar City.



La cité des Jarres de Analdur Indridason, traduit de l'islandais par Eric Boury, Editions Métailié, Collection Bibliothèque nordique, ISBN 2864245248, 02/2005, 286 pages


 

Du même auteur (cliquez sur le couverture pour lire le billet correspondant) :



 

 


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