Synopsis
Nous sommes dans les années troubles de 1860-1863 : l’armée révolutionnaire de Garibaldi débarque à Marsala, ville italienne de la province de Trapani en Sicile, en vue d’annexer le royaume des Bourbons à l'Italie du Nord. Le prince Fabrizio Courbera de Salina (joué par Burt Lancaster) comprend qu’il vit les derniers moments d’une époque bientôt révolue. Sans beaucoup d’illusions sur son avenir, il quitte son domaine avec sa famille pour son palais de villégiature dans le village de Donnafugata.
Le plus grand atout de ce film ?
Sans conteste Burt Lancaster : il est absolument impérial dans ce rôle d’un aristocrate vacillant sur ses bases mais pas encore totalement déboulonné. Ce film devrait être vu rien que pour lui tant il m’a impressionnée, touchée, remuée.
Un grand acteur cet homme là, ayant été tout au long du film complètement sous son charme, Alain Delon faisant pâle figure en comparaisons malgré sa fougue et son insolence propre à la jeunesse.
Les plus grandes failles du film ?
La reconstitution de l'entrée des forces révolutionnaires de Garibaldi à Marsala frôle le ridicule, c’est mou, sans forme, inconsistant, limite potache.
Le jeu de Claudia Cardinal est souvent mauvais, ou du moins affreusement daté. Il faut dire que les gloussements d’un spectateur installé non loin de moi à chaque mimique maladroite (ridicule ?) de l’actrice ne m’ont pas beaucoup aidé à prôner l’indulgence et j’avoue avoir été plusieurs fois tentée de glousser à mon tour tant son jeu d'actrice manquait parfois de subtilité. Exception faite lorsqu’elle éclate de rire à table en compagnie de Tancrède, joué par Alain Delon : un rire franc, audacieux et irrévérencieux à la fois, un rire véritablement orgasmique. Vraiment jubilatoire.
Reste les mises en tableaux somptueuses et magnifiquement orchestrées, un plaisir pour les mirettes. Les fameuses scènes de bal mais pas seulement : les scènes de familles, les scènes religieuses, sans oublier les paysages arides et la beauté des terres siciliennes. Evocation d’une transition de pouvoir, de la fin d’une époque. Il y a une atmosphère propre aux romans d’auteurs de la Mitteleuropa dans ce film, je pense notamment à Sándor Márai : des us et coutumes qui commencent déjà à se flétrir mais qui dégagent encore une douceur de vivre qui ravit et indispose à la fois, une légère odeur fétide se dégageant peu à peu comme d’un fruit devenu trop mûr.
A noter de la présence dans des rôles secondaires de Guiliano Gemma et Mario Girotti (qui ne s’appelait pas encore Terence Hill) à leur début.
Malgré quelques réticences donc, un film à voir, ne fusse que pour la mise en scène somptueuse et le magnifique jeu d’acteur de Burt Lancaster. J’aurais juste voulu mieux connaître le contexte historique de l’Italie à cette époque, afin de mieux me situer par rapport à certains dialogues, mieux cerner les enjeux même si on les comprend sans peine dans les grandes lignes.
Citation :
Nous étions les guépards, les lions. Ceux qui nous remplaceront seront les chacals, les hyènes. Et tous tant que nous sommes, guépards, lions, chacals, brebis, nous continuerons à nous prendre pour le sel de la Terre.
Le Guépard de Luchino Visconti (1963), adapté du livre-homonyme de Giuseppe Tomasi di Lampedusa. Il a reçu la Palme d'or au Festival de Cannes 1963.
Derniers Commentaires