Quatrième de couverture
Alors que Georges Duroy erre dans la capitale sans un sou en poche, il rencontre un ancien camarade de régiment, qui lui propose de devenir journaliste à La Vie française... Ainsi commence
Bel-Ami (1885), l'histoire d'une ambition assouvie à travers l'argent et les femmes dans le Paris fastueux des années 1880. Cynisme d'une presse en plein essor, corruption politique, stratégie
amoureuse, vanités mondaines : cette plongée impitoyable dans la société parisienne de la fin du XIXe siècle fait de Bel-Ami le roman le plus balzacien de Maupassant.
Bel-Ami retrace l’ascension d’un homme qui n’avait aucune carte en main à sa naissance mais qui, par force de séduction, cynisme, ambition, opportunisme et arrivisme, accède aux plus
hautes places de la société parisienne du XIXe siècle.
Un aventurier privé de conscience et sans aucun talent si ce n’est celui de gravir les marches du pouvoir par les femmes qu’il soumet à ses ambitions. Car cette ascension, il la doit
exclusivement à son pouvoir de séduction auprès de la gent féminine : prostituée, bigote, ambitieuse, frivole, jeune ingénue, aucunes ne résistent à ses appâts :
« - Dis donc, mon vieux, sais-tu que tu as vraiment du succès auprès des femmes ? Il faut soigner ça. Ca peut mener loin.
Il se tut une seconde, puis reprit, avec ce ton rêveur, des gens qui pensent tout haut :
- C'est encore par elles qu'on arrive le plus vite. »
Maupassant nous décrit également avec causticité et sagacité la faune parisienne du XIXe siècle : nous passons des milieux journalistiques, politiques et économiques aux milieux interlopes de
l’époque sans oublier l’importance des dîners mondains dans la progressions sociale de la petite bourgeoisie.
Cet éloge de la réussite parvenue n’arrive toutefois pas à dissiper les craintes et angoisses majeures de l’auteur : en lui faisant prendre les traits d’un homme solitaire et hanté
par la mort, Monsieur Norbert de Varenne, Maupassant nous rappelle la futilité de la vie face à son inéluctabilité :
« Il arrive un jour, voyez-vous, et il arrive de bonne heure pour beaucoup, où c’est fini de rire, comme on dit, parce que derrière tout ce qu’on regarde, c’est la mort qu’on
aperçoit. […] Moi, depuis quinze ans, je la sens qui me travaille comme si je portais en moi une bête rongeuse. Je l'ai sentie peu à peu, mois par mois, heure par heure, me dégrader ainsi qu'une
maison qui s'écroule. Elle m'a défiguré si complètement que je ne me reconnais pas. Je n'ai plus rien de moi, de moi l'homme radieux, frais et fort que j'étais à trente ans. Je l'ai vue teindre
en blanc mes cheveux noirs, et avec quelle lenteur savante et méchante ! Elle m'a pris ma peau ferme, mes muscles, mes dents, tout mon corps de jadis, ne me laissant qu'une âme désespérée qu'elle
enlèvera bientôt aussi. Oui, elle m'a émietté, la gueuse, elle a accompli doucement et terriblement la longue destruction de mon être, seconde par seconde. Et maintenant je me sens mourir en tout
ce que je fais. Chaque pas m'approche d'elle, chaque mouvement, chaque souffle hâte son odieuse besogne. Respirer, dormir, boire, manger, travailler, rêver, tout ce que nous faisons, c'est
mourir. Vivre enfin, c'est mourir !
Oh ! Vous saurez cela ! Si vous réfléchissiez seulement un quart d'heure, vous la verriez.
Qu'attendez-vous ? De l'amour ? Encore quelques baisers, et vous serez impuissant.
Et puis, après ? De l'argent ? Pour quoi faire ? Pour payer des femmes ? Joli bonheur ! Pour manger beaucoup, devenir obèse et crier des nuits entières sous les morsures de la goutte
?
Et puis encore ? De la gloire ? A quoi cela sert-il quand on ne peut plus la cueillir sous forme d'amour ?
Et puis, après ? Toujours la mort pour finir. »
C’est avec « Bel-Ami » que s’achèvent mes lectures de Maupassant de ce mois de décembre dans le cadre du Challenge
, et ce fut à chaque fois un réel plaisir de lecture. Si je ne vais pas dans l’immédiat poursuivre avec l’auteur, ce n’est que partie remise car je ne compte pas en
rester là ! Alors si vous avez des conseils pour la suite, n’hésitez pas à m’en faire part
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