Lemaster Carlyle, président de l'université
de New England College, l'une des plus prestigieuses d'Amérique, forme avec sa femme Julia, elle-même doyenne et vice-présidente de l'école de théologie, un des couples africains-américains les
plus jalousés de Nouvelle-Angleterre. Un soir, alors qu'ils rentrent d'une réception à l'université, ils sont pris dans une tempête de neige et leur voiture quitte la route. Près du lieu de
l'accident, ils découvrent un cadavre. Julia, horrifiée, reconnaît le corps de son ancien amant, Kellen Zant, devenu depuis un brillant professeur d'économie de New England. Ce crime va avoir sur
chaque membre de la famille Carlyle des conséquences dévastatrices dont l'onde de choc se propagera jusqu'à la Maison Blanche. Car, en même temps qu'elle démasque la bienveillance de façade des
habitants d'Elm Harbor (surnommé par Julia « le cœur de la blancheur ») à l'égard de « l'obscure nation », l'enquête sur le meurtre de Kellen en réveille un autre, vieux de trente ans, qui semble
impliquer Lemaster et son ami le Président...
Etant une grande amatrice des polars sociaux nordiques, je ne pouvais que me laisser tenter par ce roman qui nous plonge, pour changer un peu de continent, dans l’Amérique bien pensante et ses
dessous moins reluisants, plus précisément dans une famille afro-américaine appartenant à l’upper class, à savoir l’élite noire américaine et ses difficultés d’intégration dans la communauté
blanche malgré leur élévation sociale. En revenant sur le meurtre d’une jeune fille blanche commis trente ans plus tôt, c’est tout un pan de l’Amérique qui s’ouvre à nous : une Amérique où les jeux
d’influence, la manipulation et le chantage ne sont que quelques-uns de moyens utilisés pour atteindre ses objectifs et accéder au pouvoir tant convoité.
Vous l’aurez compris, ce n’est pas tant le côté polar ni le côté thriller qui prédominent dans ce roman mais bien la radioscopie de l’élite de la communauté afro-américaine et la question raciale,
sans oublier l’importance des clans et des castes dans la vie communautaire. D’où de nombreux développements qui prennent du temps et qui peuvent parfois sembler un peu longs, surtout vers la fin
qui me semblait se trainer et qui aurait franchement gagné à être plus concise. Il ne reste que le propos est intéressant et que ce roman est d’un bon niveau : l’auteur maitrise parfaitement son
sujet, appartenant lui-même au milieu aisé afro-américain et étant donc par là-même bien placé pour dévoiler ce que peuvent cacher les apparences d’une pseudo intégration sociale et les concessions
nécessaires pour atteindre les échelons élevés d’une société où la couleur de peau reste malgré tout un trait distinctif, et ce quelque que soit son degré de compétence.
Un roman dont les droits seront, sans nul doute, acheté par Hollywood et que nous verrons adapté sur grand écran d’ici quelques années tant l’histoire s’y prête bien volontiers.
Quelques mots sur l’auteur : Stephen Carter est le premier professeur noir titulaire d'une chaire de la célèbre université de Yale (1985). Ce juriste reconnu, ancien conseiller du président
Clinton, a également signé de nombreux essais sociopolitiques qui ont fait grand bruit outre-Atlantique, dans les milieux intellectuels comme dans le grand public. Son premier roman, « Echet et Mat
», connu un immense succès aux Etats-Unis et fut traduit dans de nombreux pays. « La dame noire » est son deuxième roman et un troisième est déjà en préparation.
Un grand merci à Babelio et aux éditions Robert Laffont qui m’ont proposé ce roman dans la cadre de l’opération Masse critique.
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Après avoir participé quelques mois à divers forums littéraires, l'envie s'est fait sentir de disposer d'un espace plus personnel afin de partager avec vous mes lectures mais également mes coups de cœur divers au gré de mes envies. Adresse de contact : 100tinelle@gmail.com
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