" Le jour où je revins à Templeton, en pleine
disgrâce, le cadavre d'un monstre mesurant près de seize mètres émergea à la surface du lac Glimmerglass ". Ainsi s'ouvre Les Monstres de Templeton, un roman qui balaie deux siècles d'histoire :
celle d'une jeune fille à la recherche de son père, et celle d'un village, ancrée dans l'Amérique profonde, au milieu des légendes et des secrets de famille. A la suite d'une déconvenue amoureuse,
Willie Upton frappe à la porte de la vieille demeure où vit encore sa mère, Vivienne, ancienne hippie devenue baptiste fervente sur le tard... Au lieu du réconfort qu'elle vient y chercher, Willie
trouve le village sens dessus dessous, chamboulé par l'apparition d'un animal démesuré, et découvre un terrible mensonge : son père existe bel et bien, elle n'est pas le fruit hasardeux des amours
libres de sa mère, mais bien la fille d'un homme connu et reconnu dans Templeton. Lancée dans une enquête à rebondissements pour retrouver son père, elle part sur la trace de ses ancêtres et
reconstitue la fabuleuse généalogie qui mène à son histoire.
Quel sympathique roman et quels personnages truculents et attachants ! Nous voilà embarqués dès les premières pages dans la vie des habitants de Templeton : lorsque Willie Upton revient chez sa
mère désoeuvrée en pensant être enceinte de son professeur de fac, elle ignore encore que son père naturel jusqu’alors inconnu est non seulement un habitant de la ville mais également un membre de
sa famille dans la mesure où il serait issu d’une branche bâtarde de l’arbre généalogique. En voilà une nouvelle, car il faut savoir que Willie Upton n’est pas issue de n’importe quelle famille :
elle est l’ultime descendante de la famille la plus illustre de Templeton, son aïeul Marmaduke Templeton ayant poser les fondations de la ville deux siècles plus tôt. Quel aïeul a pu tromper son
conjoint et concevoir un enfant illégitime dont son père naturel serait l’ultime descendant ? Pour répondre à cette question, Willie Upton se lance à corps perdu dans une recherche généalogique
afin de retrouver l’identité de son père naturel mais aussi peut-être oublier un temps d’autres problèmes plus ‘personnels’.
Son grand retour dans sa ville natale sera également l’occasion de renouer certains liens avec d’anciennes connaissances, comme les joyeux joggeurs mais aussi d’anciens camarades de classe oubliés
depuis longtemps mais qui se feront un plaisir de se rappeler à sa mémoire…
Cette recherche généalogique servira également de prétexte pour parcourir deux siècles d’histoire de la ville à travers les lettres, archives, témoins et journaux intimes découverts lors de ses
recherches.
Saga familiale, quête identitaire, secret de famille, parcours initiatique, le tout agrémenté d’un soupçon de fantastique, « Les monstres de Templeton » est un roman idéal pour ne pas se prendre la
tête et décompresser. Sans oublier une écriture fluide sans aucun temps morts et des personnages bien développés, enfin bref, un bon roman divertissant avec tout ce qu’il faut pour passer un
excellent moment de lecture.
Il n’est guère étonnant que ce premier roman d’une jeune auteure américaine de 30 ans à peine ait connu dès sa publication aux Etats-Unis un beau succès littéraire. Une réussite amplement méritée.
Et je guetterai avec curiosité la parution de son prochain roman !
Cuné a bien aimé également et Chaplum a eu un véritbale coup de coeur pour ce roman.
Les monstres de Templeton de Lauren Groff, traduit de l’américain par Carine Chichereau, Editions Plon, Collection Feux croisés, ISBN 225920743X, 08/2008, 434 pages
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