Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 11:37

LuneDeLoups.jpgQuatrième de couverture

 

Quatre jeunes gens traqués par la haine fratricide tâchent de survivre dans la montagne, cachés dans les cavernes et les bois. La guerre civile passe au fond de ce récit avec sa cohorte de détresse, de violence et de mort. Mais au fond seulement. L’histoire de ces hommes, de ces animaux nocturnes et solitaires, est plutôt celle d’un mauvais rêve, celle d’un voyage intérieur vers les sources mêmes du lyrisme et de la transfiguration poétique du réel. Loin de nous enfermer dans la nuit sans issue d’un maquis condamné, le récit ouvre sur un autre monde, moins visible et plus incarné à la fois, plus élémentaire et plus dense.

 

Hommage à ces hommes de l’ombre refusant de se rendre aux franquistes en se cachant pendant des années dans les montagnes, ce premier roman est de toutes les fébrilités : de la détermination jusqu’au boutisme dans l’âpreté et la privation à la chasse à l’homme et aux jeux de cache-cache, « Lune de loups » de Julio Llamazares tire sans cesse sur le fil ténu de la déraison et de la perdition.

 

Roman sur la fuite, l'abandon, la solitude et la peur, roman sur le temps qui passe et la mémoire des hommes, roman sur la mort qui ne cesse de guetter ses proies, il est aussi avant tout porté par une belle écriture poétique, sombre et dense à la fois.

 

Un auteur à suivre de près !

 

Extrait :

 

À midi, la pluie qui s’est calmée, la boue qui a envahi la rivière et les chemins, les aboiements des chiens et les cloches de La Llánava, entrent me chercher jusqu’au fond de la grotte, jusqu’au coin glacial où, des heures durant, j’ai essayé en vain d’oublier le glapissement de ce chien qui se nourrit de sang à l’intérieur de mon cœur.

Devant la porte de ma maison, sous les parapluies, les gens attendent la dernière sortie de mon père. Ils sont comme des ombres noires, gommées par la pluie et la distance à travers les jumelles. Des ombres lointaines, sûrement en train de commenter à voix basse ce que tout le village doit déjà savoir : que moi, hier au soir, je suis allé là-bas. Que moi, hier au soir, pendant qu’ils dormaient, tandis que le vent frappait sur leurs carreaux et que les chiens hurlaient dans leurs étables, pressentant l’arrivée de la mort, j’ai abandonné ma cachette dans les entrailles de la forêt, j’ai traversé les cercles concentriques de la nuit et de l’oubli, et, subitement, je me suis présenté dans ma maison afin de dire un dernier adieu à cet homme qui en sort à présent, sur les épaules de ses voisins, pour n’y jamais revenir.

 

Lune de loups - Julio Llamazares - Traduit de l’espagnol par Raphaël Carrasco et Claire Decaëns - Editions Verdier, 2009 pour l’édition de poche.

Par Sentinelle - Publié dans : Littérature de l'Amérique latine et Espagne
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Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 10:19

Petite visite à Prague au mois de janvier.  N'hésitez pas à profiter des photos de l'album (cliquez sur la photo pour y accéder)  !

 

Pont Charles

Par Sentinelle - Publié dans : De tout et de rien
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Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 09:50

Par Sentinelle - Publié dans : Musique
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Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 14:20

Jaroslav Valečka (né en 1972) est un peintre et artiste graphique tchèque. Il a étudié à l‘Académie des Beaux-Arts de Prague. Son travail est basé sur la tradition de l'expressionnisme, le symbolisme et la Nouvelle Objectivité. Sa peinture est basée sur la couleur distinctive, le travail avec la lumière le dessin expressif. Les paysages sont du nord de la Bohême (ancien territoire des Sudètes), où il a passé son enfance. Influencé par E. Munch , J. Váchal, Jan Zrzavý , J.-Dame, R. et J. Preisler Kremlička. Il est un membre fondateur  du groupe Stuckists depuis 2004.

 

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Par Sentinelle - Publié dans : Peinture
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Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 09:58

couverture-24566-simmons-dan-droodPrésentation de l'éditeur

 

9 juin 1865. Charles Dickens, alors âgé de 53 ans et au faîte de son art et de sa gloire, regagne Londres en secret en compagnie de sa maîtresse à bord du train de marée. Soudain, à Staplehurst, l'Express déraille. Tous les wagons de première classe s'écrasent en contrebas du pont, à l'exception de celui de Dickens. Indemne, "l'écrivain le plus célèbre du monde", comme on le surnomme, tente de se porter au secours des survivants. Au fond du ravin, sa route croise celle d'un personnage à l'allure spectrale qui va désormais l'obséder : Drood. De retour à Londres, Dickens confie le secret de son étrange rencontre à son ami Wilkie Collins, écrivain lui aussi, à qui il reviendra de relater les dernières années de la vie de celui qu'il appelle, avec autant d'admiration que d'ironie, l'Inimitable. A la poursuite de Dickens, qui a cessé d'écrire pour hanter les bas-fonds - cryptes, cimetières et catacombes - de Londres, Collins cherche à comprendre quels rapports unissent désormais l'Inimitable et l'inquiétant Drood. Mais peut-on vraiment porter foi au récit halluciné de Collins, opiomane en proie à la paranoïa ? Inspiré par Le Mystère d'Edwin Drood, le roman mythique que Dickens laissa inachevé à sa mort en 1870 - cinq ans jour pour jour après son accident de train -, Drood nous entraîne dans le Londres interlope de Jack l'Eventreur et des sciences occultes.

 

Dan Simmons prend le risque de dérouter son lectorat tant ce récit se singularise de ses autres romans : faisant souvent la part belle au fantastique, à l’horreur et au polar, l’auteur semble bien suivre cette direction coutumière dans les cent cinquante premières pages du roman mais ce n’est que pour mieux ensuite relâcher l’intrigue afin de plonger tête la première dans le roman psychologique pur jus.  Biographie romancée des cinq dernières années de la vie de Charles Dickens à travers le regard embrumé de l’opiomane Wilkie Collins, qui surnomme son mentor non sans humour teinté de sarcasme l’Inimitable, c’est avec étonnement que nous suivons les relations ambigües de ces deux hommes tour à tour jaloux, envieux, admiratifs, aimants, haineux ou manipulateurs.

 

La surprise fut de taille en ce qui me concerne, ne m’attendant pas du tout à cette tournure au cours du récit. Il n’empêche que la balade fut intéressante, tant Dan Simmons reste tout de même Dan Simmons : horreur des bas-fonds londoniens, prisme déformant de la réalité à travers les yeux du narrateur (Wilkie Collins) drogué au laudanum, folies hallucinatoires, autodestructions et aliénations diverses, manipulations mentales et pouvoir de suggestion. Et même si on sent que l’auteur s'est énormément documenté sur cette époque, il arrive à donner à ces personnages une telle épaisseur qu’on a l’impression à la fin du roman de les avoir réellement côtoyés.

 

Drood n’évite malheureusement pas certaines longueurs dues à de multiples détails et répétitions qui alourdissent le récit.

 

Les amateurs de C. Dickens et de W. Collins se délecteront à coup sûr, les autres peut-être aussi, sachant qu’il s’agit avant tout d’un roman plus psychologique que terrifique. Un roman qui prend du temps et qui prend son temps, mais j’y ai trouvé mon compte au final, même si l’auteur m’a prise au dépourvu tant je m’attendais initialement à autre chose. Avec cette impression d’avoir finalement été manipulée à mon tour, mais non sans consentement tacite ;-)

 

A noter qu’il ne faut pas avoir lu les romans de C. Dickens et de W. Collins pour suivre la trame du récit : on loupe certainement quelques références et mises en correspondance sans pour autant que cela nuise à la compréhension de l’ensemble du roman.

 

Drood de Dan Simmons, Editions Robert Laffont, 25 août 2011, 876 pages

Par Sentinelle - Publié dans : Littérature américaine
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Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 13:35

Synopsis

 

Nous sommes dans les années troubles de 1860-1863 : l’armée révolutionnaire de Garibaldi débarque à Marsala, ville italienne de la province de Trapani en Sicile, en vue d’annexer le royaume des Bourbons à l'Italie du Nord. Le prince Fabrizio Courbera de Salina (joué par Burt Lancaster) comprend qu’il vit les derniers moments d’une époque bientôt révolue. Sans beaucoup d’illusions sur son avenir, il quitte son domaine avec sa famille pour son palais de villégiature dans le village de Donnafugata.

 

Le plus grand atout de ce film ?

Sans conteste Burt Lancaster : il est absolument impérial dans ce rôle d’un aristocrate vacillant sur ses bases mais pas encore totalement déboulonné. Ce film devrait être vu rien que pour lui tant il m’a impressionnée, touchée, remuée.

 

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Un grand acteur cet homme là, ayant été tout au long du film complètement sous son charme, Alain Delon faisant pâle figure en comparaisons malgré sa fougue et son insolence propre à la jeunesse.

 

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Les plus grandes failles du film ?

La reconstitution de l'entrée des forces révolutionnaires de Garibaldi à Marsala frôle le ridicule, c’est mou, sans forme, inconsistant, limite potache.

 

Le jeu de Claudia Cardinal est souvent mauvais, ou du moins affreusement daté. Il faut dire que les gloussements d’un spectateur installé non loin de moi à chaque mimique maladroite (ridicule ?) de l’actrice ne m’ont pas beaucoup aidé à prôner l’indulgence et j’avoue avoir été plusieurs fois tentée de  glousser à mon tour tant son jeu d'actrice manquait parfois de subtilité. Exception faite lorsqu’elle éclate de rire à table en compagnie de Tancrède, joué par Alain Delon : un rire franc, audacieux et irrévérencieux à la fois, un rire véritablement orgasmique. Vraiment jubilatoire.

 

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Reste les mises en tableaux somptueuses et magnifiquement orchestrées, un plaisir pour les mirettes. Les fameuses scènes de bal mais pas seulement : les scènes de familles, les scènes religieuses, sans oublier les paysages arides et la beauté des terres siciliennes. Evocation d’une transition de pouvoir, de la fin d’une époque. Il y a une atmosphère propre aux romans d’auteurs de la Mitteleuropa dans ce film, je pense notamment à Sándor Márai : des us et coutumes qui commencent déjà à se flétrir mais qui dégagent encore une douceur de vivre qui ravit et indispose à la fois, une légère odeur fétide se dégageant peu à peu comme d’un fruit devenu trop mûr.

 

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A noter de la présence dans des rôles secondaires de Guiliano Gemma et Mario Girotti (qui ne s’appelait pas encore Terence Hill) à leur début.

 

 

Malgré quelques réticences donc, un film à voir, ne fusse que pour la mise en scène somptueuse et le magnifique jeu d’acteur de Burt Lancaster. J’aurais juste voulu mieux connaître le contexte historique de l’Italie à cette époque, afin de mieux me situer par rapport à certains dialogues, mieux cerner les enjeux même si on les comprend sans peine dans les grandes lignes.

 

Citation :

 

Nous étions les guépards, les lions. Ceux qui nous remplaceront seront les chacals, les hyènes. Et tous tant que nous sommes, guépards, lions, chacals, brebis, nous continuerons à nous prendre pour le sel de la Terre.

 

Le Guépard de Luchino Visconti (1963), adapté du livre-homonyme de Giuseppe Tomasi di Lampedusa. Il a reçu la Palme d'or au Festival de Cannes 1963.

Par Sentinelle - Publié dans : Cinéma & DVD
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Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 10:52

 

 

Et bonne année 2012 !

Par Sentinelle - Publié dans : Musique
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Jeudi 29 décembre 2011 4 29 /12 /Déc /2011 19:51

Zdzisław Beksiński (né le 24 février 1929 – mort le 21 février 2005) est un peintre, photographe, dessinateur et sculpteur polonais de tendance surréaliste et fantastique.

 

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Par Sentinelle - Publié dans : Peinture
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Mardi 27 décembre 2011 2 27 /12 /Déc /2011 10:09

9782302012998.jpgQuel bel objet que voilà : recueil de huit nouvelles d’Edgar Allan Poe dans une édition coup_de_coeur_11.gif inédite illustrée par Benjamin Lacombe à l’occasion du bicentenaire de la naissance de l’écrivain (date de la première édition en 2009). 

 

Chaque conte est rehaussé par les dessins de ce jeune illustrateur devenu une référence dans la littérature jeunesse, dessins qui apportent un petit supplément d’âme à ces contes mélancoliques morbides teintés de fantastique et de mysticisme.

 

Héros solitaires tourmentés par leurs pensées funestes, femmes sensuelles maladives et moribondes, il faut bien avouer que toutes ces nouvelles se ressemblent un peu. Je vous conseille de ne pas les lire à la suite sous peine de lassitude : un petit conte par jour est donc plus que suffisant sous peine de les confondre rapidement.

 

Je serais bien en peine de vous dire où commence la plume d’Edgar Allan Poe et où se termine celle du traducteur Charles Baudelaire tant j’ai l’intime conviction qu’elles s’interpénètrent habilement pour notre plus grand plaisir.

 

Quelques coquilles malheureusement subsistent, mais une très belle mise en page et une belle tranche de papier noire les rachètent sans peine.

 

Bon à savoir : l’édition de 2010 a été enrichie de la nouvelle Ligeia ainsi que de dessins couleurs inédits par rapport à l’édition 2009.

 

Les contes macabres de cette présente édition sont : Bérénice - Le chat noir - L’île de la fée - Le cœur Révélateur - La Chute de la maison Usher - Le portrait ovale – Morella – Ligeia. Présents également : Edgar Poe, sa vie, ses œuvres et les biographies & bibliographies de tous les intervenants (E.A.Poe, C. Baudelaire et B.Lacombe).

 

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Le portrait ovale

Par Sentinelle - Publié dans : Les classiques littéraires
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Lundi 26 décembre 2011 1 26 /12 /Déc /2011 09:58

Limonov-carrere-205x300.gifPrésentation de l'éditeur

 

« Limonov n’est pas un personnage de fiction. Il existe. Je le connais. Il a été voyou en Ukraine ; idole de l’underground soviétique sous Brejnev ; clochard, puis valet de chambre d’un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ; soldat perdu dans les guerres des Balkans ; et maintenant, dans l’immense bordel de l’après-communisme en Russie, vieux chef charismatique d’un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends pour ma part mon jugement. C’est une vie dangereuse, ambiguë : un vrai roman d’aventures. C’est aussi, je crois, une vie qui raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ».

 

Je viens de terminer Limonov est mon sentiment est mitigé : j’avoue avoir souvent trouvé le temps long et ne pas bien comprendre tout l’enthousiasme que suscite ce livre mais son plus grand atout est sans conteste l’imbrication de la petite histoire dans la grande histoire de la Russie. J’ai apprécié également l’implication de l’auteur dans la trame du récit, fait avec parcimonie et intelligence. Sans doute me manquait-il cette fascination que porte Emmanuel Carrère à Edward Limonov pour me convaincre véritablement : difficile d'accrocher lorsque le personnage principal nous indiffère totalement. Difficile de dépasser cette impression que Limonov ne soit qu’une petite frappe avide de notoriété, aimant se mettre en scène en écrivant sa légende mais aboutissant toujours à la quincaillerie la plus vulgaire Un personnage sans élégance et manquant de consistance, un « m’as-tu-vu » assez trash pour fasciner un homme bien né comme Emmanuel Carrère, même si sans doute « c’est plus compliqué que ça ». Le plus grand reproche que je peux faire à l'auteur est le fait que ce personnage n’a jamais vraiment pris chair à mes yeux, un comble pour un récit qui ne fait pas l’impasse sur les détails crus (complaisants ?) de sa vie intime, souvent creux et sans intérêts. Je suis du coup restée à l’extérieur du personnage, avec cette impression étrange que tout un pan de la psychologie d’Edward Limonov a finalement échappé à Emmanuel Carrère, demeurant souvent au plus près des événements - tels que racontés dans les récits publiés de Limonov - nombreux et ne manquant pas de piquants, il est vrai. Reste le parcours d'un personnage hors norme et d'un pays tout aussi singulier. Livre qui tombe merveilleusement à point au vu des manisfestations à l'encontre du troisième mandat (ou plutôt d'un quatrième qui ne dit pas son nom) de Vladimir Poutine.

 

Si Limonov ne m’a pas totalement convaincue, il ne reste que cette première rencontre avec l’auteur m’a donnée envie d’aller voir plus loin en sa compagnie. Avec toutefois une notion de réserve. A suivre donc.

 

Prix Renaudot 2011

Par Sentinelle - Publié dans : Littérature francophone
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