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Vendredi 3 mai 2013 5 03 /05 /Mai /2013 11:26

97820210.jpgQuatrième de couverture

 

Avec ces mille pages d'amour et de guerre, Antonio Muñoz Molina reprend les thèmes qui traversent toute son œuvre - la mémoire historique, la conscience morale, l'infinie complexité des sentiments- et signe non seulement son plus beau roman mais aussi un véritable chef-d'oeuvre.Dans ce livre total, politique et sentiments sont les deux faces d'une tragédie qui plonge le personnage principal Ignacio Abel dans une spirale qui lui fera perdre son amour, son pays et son engagement. A la fin de 1936, cet architecte espagnol de renom, progressiste et républicain, monte les marches de la gare de Pennsylvanie, à New York, après un périple mouvementé depuis Madrid où la guerre civile a éclaté. Il cherche Judith Biely, sa maîtresse américaine perdue, poursuivi par les lettres accusatrices de sa femme, Adela, et taraudé par le sort incertain de ses deux jeunes enfants, Miguel et Lita. Antonio Muñoz Molina le regarde chercher le train qui doit le conduire dans une petite ville au bord de l'Hudson, Reinheberg, et reconstruit dans un époustouflant va et vient dans le temps la vie d'Ignacio Abel, fils de maçon, devenu architecte à force de sacrifices, marié à une fille de la bourgeoisie madrilène arriérée et catholique, déchiré par sa passion amoureuse et par la violence des événements politiques. Cette grande fresque sur les heures qui ont précédé la prise de Madrid par les franquistes - où se croisent nombre de personnages historiques et littéraires- est aussi un roman intimiste et charnel qui fouille avec une lucidité admirable et bouleversante au plus profond de la matière humaine.

 

L’art du portrait n’a décidément plus de secret pour Antonio Muñoz Molina, tant il excelle à nous dépeindre chaque personnage dans ses moindres détails et pensées. Il n’est pas en reste non plus concernant la psychologie humaine, tant les personnages sont frappants de justesse. Il nous décrit aussi avec beaucoup de finesse la ville de Madrid pris de folie dans une guerre civile qui ne veut pas dire son nom.

 

Une écriture ciselée, de longues phrases et un roman touffu qui a malheureusement fini par m’étouffer par tous ces détails, répétitions, retours en arrière, atermoiement et autres. Avec cette impression que l’auteur ne laissait finalement plus beaucoup de place à mon imaginaire : manque de respiration, manque d'évasion, tout est trop précis, cadré, détaillé.

 

Une lecture en demi-teinte, qui devrait convenir aux amateurs de Proust. Une lecture qui peut donc s’apparenter à un chef d’œuvre pour les uns ou un calvaire pour les autres.

 

Peut-être que le fil de son intelligence s'était-il émoussé, de même que sa vue devenait plus faible, ses mouvements un peu plus maladroits, son corps plus lourd et plus épais, et n'était plus traversé depuis si longtemps par une pointe de véritable désir. La tension de l'attente restait intacte, mais il était très probable que ce qui l'attendait dans l'avenir ne serait guère plus que ce qui était survenu dans le passé. Le suspense de l'inconnu , le sentiment d'une possibilité illimitée, il ne les ressentirait plus comme du temps de son séjour en Allemagne, si lumineux et si bref dans son souvenir. Son talent et son ambition, il les avait mis dans son métier. Il avait été le spectateur distrait de sa propre vie, comme on délègue à d'autres les détails subalternes d'une entreprise complexe.

 

Un peu d'humour (il y en a peu dans ce roman)

 

Croyez-vous qu'on puisse faire confiance à un philosophe qui teint ses cheveux blancs avec une teinture de mauvaise qualité et qui prend tant de soin pour dissimuler sa calvitie, sans la moindre chance de succès ?

- Il paraît qu'il porte aussi des talonnettes dans ses chaussures.

- Vous, comme architecte, vous remarquez les détails de structure ! Moi, je me contente de la décoration.

 

Par contre, il est beaucoup question d'amour :

 

Le temps qu'il passerait avec Judith Biely serait toujours mesuré, menacé, toujours soumis à l'inquisition de quelqu'un, à l'usure angoissante des heures et des minutes, à la pression de la montre qu'on ne veut pas regarder et que pourtant l'on regarde discrètement du coin de l'œil, des horloges publiques qui approchent très lentement de l'heure d'un rendez-vous ou indiquent avec indifférence celle d'une séparation que l'on ne peut plus différer.

 

Ils voulaient combler par des mots écrits le vide du temps qu'ils ne passaient pas ensemble, prolonger une conversation dont ils ne se lassaient jamais, brisant le délai angoissant qui s'ouvrait après la fin de chaque rencontre.

 

Une très belle écriture, sans conteste !

Par Sentinelle - Publié dans : Littérature de l'Amérique latine et Espagne
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Jeudi 2 mai 2013 4 02 /05 /Mai /2013 11:33

Le_bon_hiver_large.gifQuatrième de couverture

 

Attiré à Budapest par la perspective d'un modeste défraiement, un jeune écrivain portugais misanthrope et hypocondriaque rencontre un confrère italien extraverti et désinvolte, qui ne tarde pas à le convaincre de le suivre à Sabaudia, sur les terres de Pasolini et de Moravia. Ils se joignent à une faune hétéroclite d'artistes marginaux en provenance des quatre coins du monde, conviés dans une fastueuse résidence nichée au coeur de l'Agro pontino par le producteur lion Metzger. L'extravagant mécène cultive une autre lubie : faire voler des montgolfières vides, façonnées comme des oeuvres d'art par Bosco, un ancien mercenaire catalan. Au lendemain d'une mémorable bacchanale, on découvre le corps de l'amphitryon flottant sur le lac de la propriété. Le meurtre est manifeste, et Bosco se charge d'enquêter pour venger la mort de son protecteur. Il séquestre dans cette cage dorée des invités qui, soudainement livrés à leurs fragilités les plus intimes, se transforment en protagonistes d'un huis clos qui tourne au pugilat, davantage victimes d'eux-mêmes que de leur cerbère, en quête d'une vérité qui n'est pas la solution de l'énigme. Ce thriller asphyxiant distille l'atmosphère crépusculaire qui caractérise l'univers de Joao Tordo. Des lieux clos, le mal en dedans, des êtres vacillants sur une corde raide, loin de leurs repères affectifs et géographiques, attirés toujours par l'abîme.

 

Un roman très plaisant à lire mais qui n’arrive pas, dans sa deuxième partie, à rendre l’ambiance asphyxiante et angoissante annoncée par la quatrième de couverture. Pourtant tout est mis en place pour la générer mais l’auteur n’arrive pas vraiment à insuffler un climat digne de ce nom censé nous prendre aux tripes. Dommage car ce sera mon seul bémol mais de taille tout de même. Sinon la galerie de personnages est intéressante (bravo pour le clin d’œil au Dr House – le narrateur s’identifiant à ce personnage télévisuel) et le roman se lit d’une traite, alliant humour, cynisme et introspection avec un certain talent.

Par Sentinelle - Publié dans : Autres littératures étrangères
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Jeudi 2 mai 2013 4 02 /05 /Mai /2013 10:23

les-lecons-du-mal-142961-250-400.jpgQuatrième de couverture

 

Jack Branch est un fils de bonne famille, professeur dans le petit lycée de Lakeland, Mississippi. Très impliqué dans son métier, soucieux de justice dans un pays encore marqué par la guerre de Sécession, il se prend d’affection pour un élève taiseux et renfrogné du nom d’Eddie Miller. Eddie se tient à l’écart de la communauté, résigné, écrasé par le poids de son ascendance : il est le fils du « tueur de l’étudiante », mort en prison quinze ans plus tôt. Le mal se donne-t-il en héritage ? Peut-on sauver les gens d’eux-mêmes ? Pour libérer Eddie de son fardeau, Jack lui suggère de mener une enquête sur son père. Le maître et l’élève découvrent peu à peu un monde où le bien et le mal se confondent, chargé de violence et de mirages : un monde de ténèbres.

 

Ce roman n’est pas vraiment un roman policier et certainement pas un thriller non plus : le rythme est lent et impose une lecture indolente et tranquille tout en nous ferrant peu à peu presque malgré soi j’ai envie de dire. On se surprend finalement à vouloir connaître la suite tant on se demande où tout cela va nous mener. Outre la division de classes de la société et le communautarisme, ce sont surtout les thèmes de la filiation, la transmission et l’hérédité qui sont abordés. Avec toute cette question du mal : peut-on transmettre en héritage la violence ?

 

Vous l’aurez compris, « Les leçons du mal » est un roman psychologique mais aussi avant tout un roman noir. On peut lui reprocher sur la fin quelques facilités qui s’apparentent à une mécanique un peu trop bien huilée mais qu’importe, l’émotion et l’intensité sont bien là.

 

Premier roman que je lis de Thomas H. Cook mais certainement pas le dernier, tant cette première approche a été une belle découverte d’un auteur que je vais suivre dorénavant de très près. Et un auteur très sympathique qui plus est, rencontré dernièrement à la foire du livre de Bruxelles. Mon tout prochain roman sera « Au lieu -dit Noir-Etang ». A suivre donc.

Par Sentinelle - Publié dans : Littérature américaine
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Jeudi 14 mars 2013 4 14 /03 /Mars /2013 15:05

Une-petite-fortune.jpegPrésentation de l'éditeur

 

Harris, patriarche d’une famille élargie qui s’étend du Pakistan à l’Angleterre, vit dans une communauté déshéritée du nord de l’Angleterre où cohabitent traditionnalistes et assimilés, fondamentalistes et modérés. Contre toute attente, il reçoit une « petite fortune » après avoir divorcé d’une Anglaise épousée des années auparavant. Mais Harris considère cette somme comme un fardeau dont il doit se décharger au plus vite. Choisir le destinataire devient alors un véritable casse-tête familial… Émouvant et drôle, le premier roman de Rosie Dastgir porte un regard aigu sur les problèmes de classe, de culture et d’incompréhension propres aux communautés déchirées entre tradition et modernité.

 

Ce roman aborde avec finesse et subtilité la communauté pakistanaise installée en Angleterre à travers un portrait de famille composé de personnages suffisamment contrastés pour aborder toutes une panoplie de problématiques propres au déracinement : problème d’identité et appartenance culturelle, clivage suite à la double culture, loyauté et fidélité à ses racines, volonté d’autonomie et d’émancipation dans sa patrie d’adoption, acculturation, pauvreté et soutien financier, vulnérabilité de l'estime de soi et refuge dans la religion.

 

Un premier roman réussi, une lecture très fluide et agréable non dénuée d’humour. Un auteur à suivre en définitive.

Par Sentinelle - Publié dans : Littérature anglo-saxonne
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Dimanche 17 février 2013 7 17 /02 /Fév /2013 11:29

profanes-jeanne-benameur.jpegQuatrième de couverture

 

Ils sont quatre, ils ne se connaissent pas mais ils vont rythmer la vie du docteur Octave Lassalle qui les a soigneusement choisis comme on compose une équipe -- comme avant autour de la table d'opération, mais cette fois-ci, c est sa propre peau qu'il sauve, sa propre sortie qu'il prépare. Ensemble, cette improbable communauté progressivement tissée de liens aussi puissants qu'inattendus, franchira un seuil, celui des blessures secrètes. Un hymne à la vie et un plaidoyer pour la seule foi qui vaille : celle de l'homme en l'homme.

 

Des liens qui se tissent, le partage de nos failles et de nos doutes dans les mots mais aussi dans les gestes et les non-dits, le désir, la perte mais aussi l’élan de vie et la foi en l’homme. Un texte court mais intense, qui demande du temps, qui se déguste. Porté par une écriture finement ciselée.

 

Ils sont là, derrière la porte. Il ne faut pas que je rate mon entrée.

Maintenant que je les ai trouvés, tous les quatre, que je les ai rassemblés, il va falloir que je les réunisse. Réunir, ce n'est pas juste faire asseoir des gens dans la même pièce, un jour. C'est plus subtil. Il faut qu'entre eux se tisse quelque chose de fort. Autour de moi, mais en dehors de moi.

 

Je m’embarque pour la partie de ma vie la plus précieuse, celle où chaque instant compte, vraiment. Et j’ai décidé de ne rien lâcher, rien.

 

J’ai besoin de confronter mon doute à d’autres, issus d’autres vies, d’autres cœurs. J‘ai besoin de frotter mon âme à d’autres âmes aussi imparfaites et trébuchantes que la mienne.

 

C'est l'arrêt du désir qui fait le nid à tout ce qui crève. Plus d'élan, plus de vie. Et moi je veux vivre. Pas en attendant. Pleinement. La liberté est terrible.

 

Si petite pour chacun. La si petite liberté humaine. Et ce désir parfois de l'enfoncer sous la terre. Parce que trop. Si petite mais déjà trop.

 

C'est là. Pour toujours. Comment enterre-t-on les souvenirs ? Dans quel charnier les abandonner une bonne fois ? La mémoire est une hyène. Elle fouille, trouve toujours un lambeau à arracher.

Par Sentinelle - Publié dans : Littérature francophone
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Dimanche 17 février 2013 7 17 /02 /Fév /2013 10:02

9782070369430_1_75.jpgUn homme décide de se dépouiller de sa vie : il quitte la femme avec laquelle il vivait sans amour depuis deux années et renonce définitivement à son travail monotone au ministère des colonies. C’est dans un petit village italien à l’embouchure d’un fleuve dont lui a parlé un chauffeur lorsqu’il se rendait à Florence qu’il trouvera le courage de se défaire du poids devenu trop pesant de ce qu’était devenu sa vie inodore et incolore. C’est là qu’il rencontre la belle Anna, surnommée l’Américaine, jeune veuve richissime qui parcourt le monde à bord d’un yacht avec quelques matelots à la recherche du marin de Gibraltar, un homme qu’elle a aimé et qui a disparu depuis des années.

 

Libre mais sans le sou, le narrateur se fait engager sur le bateau pour partir à son tour en compagnie de la belle à la recherche de ce marin évanoui dans la nature, passant de Sète à Tanger, de Tanger à Abidjan, et d'Abidjan à Léopoldville. Il sait que le jour où ils retrouveront la trace du marin de Gibraltar sonnera la fin du couple qu’il forme à présent avec cette femme qu’il aime.

 

Quatrième roman de Marguerite Duras, dont le précédent « Un barrage contre le Pacifique » lui avait valu une première reconnaissance de la critique et du public, « Le marin de Gibraltar » fut publié en 1952 aux Editions Gallimard. Si son précédent roman était largement autobiographique, elle s’en écarte ici délibérément dans ce qui peut apparaître comme une rupture dans son écriture, annonçant par ce roman son œuvre future.

 

Proposant une narration lancinante et volontairement évanescente, on finit par se demander si ce marin de Gibraltar n’est pas juste une figure chimérique offrant de par son inaccessibilité un but à l’existence trop monotone s’il n’existait pas dans l’imaginaire de tous les personnages du roman. Chacun finit par avoir sa propre vision du marin de Gibraltar et la poursuite de ces nombreux avatars fournit le prétexte idéal aux diverses escales qui jalonnent ce récit.

 

La quête de l’inaccessible où l’essentiel se situe du côté de la recherche dans laquelle on finit par s’oublier que de l’opportunité de retrouver l’objet en question. La place du désir dans la passion. Car la meilleure façon de préserver un amour n’est-il pas de le menacer toujours ? Et quelle meilleure menace que celle du retour d’un hypothétique marin de Gibraltar ?

 

- Dites-moi, dit-elle, quel est le signe annonciateur de la fin d’un grand amour ?

- Que rien, apparemment, ne l’empêche de durer toujours, dis-je, non ?

Par Sentinelle - Publié dans : Littérature francophone
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Vendredi 15 février 2013 5 15 /02 /Fév /2013 14:22

cover.jpgSynopsis

 

Un village agricole perdu au milieu des Ardennes belges est soudain frappé par une calamité naturelle et existentielle : le printemps refuse d'arriver. La révolte de la nature ne se limite cependant pas au village. Le silence et l'immobilité se sont répandus partout. Alice et Thomas, deux adolescents du village, vont se battre pour donner un sens à leur vie dans un monde qui s'effondre autour d'eux.

 

Dernier volet d’un triptyque traitant des rapports conflictuels entre l’homme et la nature, après leur premier long-métrage « Khadak », réalisé en 2006 en Mongolie et le second « Altiplano », tourné en 2009 dans les Andes.

 

La cinquième saison se déroule dans un petit village belge isolé aux allures intemporelles. La nature se rebelle et ne veut plus offrir ses meilleur fruits : quand tout tombe en berne, quand le souffle manque, quand tout s’éternise dans une froideur, un calme plat, une terre stérile. Un propos d’une grande noirceur porté par une belle photographie : quelques plans font penser aux tableaux de grands maîtres comme Pieter Bruegel ou James Ensor. Quelques scènes surréalistes , quelques rites païens extrêmes et féroces lorsque les villageois désignent l’étranger du village comme victime expiatoire.

 

Un film lancinant aux allures de fable cruelle, à découvrir pour ceux qui ne craignent pas de voir un film « différent ».

 

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Par Sentinelle - Publié dans : Cinéma & DVD
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Vendredi 15 février 2013 5 15 /02 /Fév /2013 10:05

Wadjda.jpgSynopsis

 

Wadjda, douze ans, habite dans une banlieue de Riyad, capitale de l’Arabie Saoudite. Bien qu’elle grandisse dans un milieu conservateur, c’est une fille pleine de vie qui porte jeans et baskets, écoute du rock et ne rêve que d’une chose : s’acheter le beau vélo vert qui lui permettra de faire la course avec son ami Abdallah. Mais au royaume wahhabite, les bicyclettes sont réservées aux hommes car elles constituent une menace pour la vertu des jeunes filles. Wadjda se voit donc refuser par sa mère la somme nécessaire à cet achat. Déterminée à trouver l’argent par ses propres moyens, Wadjda décide alors de participer au concours de récitation coranique organisé par son école, avec pour la gagnante, la somme tant désirée.

 

J’avais des craintes quant à ce film : le voir pour de mauvaises raisons (premier film saoudien réalisé par une femme, en voilà un bon argument commercial), peur de subir des propos trop caricaturaux et appuyés, jeux des acteurs moyens. Et bien il n’en fut rien : le film est touchant, beaucoup de sujets sur le statut de le femme mais abordés avec finesse et subtilité, le tout porté par d’excellents comédiens - dont la petite Wadjda, jeune fille malicieuse et débrouillarde confondante de naturel. Une très bonne surprise donc et un joli film que je vous conseille.

 

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Par Sentinelle - Publié dans : Cinéma & DVD
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Lundi 11 février 2013 1 11 /02 /Fév /2013 17:21

Equador.gifQuatrième de couverture

 

Luis Bernardo Valença, un brillant mondain lisbonnais, est convoqué par le roi Don Carlos. Ce dernier, sous la pression des Britanniques le charge de mettre fin au travail forcé dans les plantations de cacao de Sao Tomé et Principe. Lourde tâche pour un dandy accoutumé à boire du champagne dans les escarpins des dames! Dans l' archipel du golfe de Guinée, les colons l' attendent de pied ferme...

 

En voilà un très bon roman !

 

Non seulement il fait la part belle à l’histoire, l’économie politique et l’héritage colonial mais il soulève aussi la question de l’esclavagisme tout en passant par les affres de la passion dévorante. Un récit qui a demandé beaucoup de documentation à son auteur sans pour autant que cela nuise à l’aspect romanesque du récit : les personnages ont une réelle épaisseur et l’écriture est vraiment très soignée. Une histoire qui prend toute son ampleur dans les dernières pages, donnant une tonalité extrêmement tragique si pas fatale à l’ensemble.

 

Mon seul regret : c’est le seul roman à ce jour traduit en français de Miguel Sousa Tavares (écrivain, avocat, journaliste et chroniqueur politique portugais), quelle déception.

 

 

Miguel Sousa Tavares est originaire de Porto. Il a exercé la profession d'avocat avant de se consacrer définitivement au journalisme. Il est aujourd'hui un des journalistes les plus connus de la télévision et de la presse écrite. Lauréat de nombreux prix parmi lesquels le Prix national du reportage pour un film de 52 minutes sur l'histoire de la colonisation de l'Amazonie et le prix du Festival de cinéma et de télévision de Rio de Janeiro, il a écrit plusieurs livres - documents, chroniques politiques, contes pour enfants. Equador est son premier roman. Source : http://www.seuil.com/

 

 

Par Sentinelle - Publié dans : Autres littératures étrangères
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Vendredi 8 février 2013 5 08 /02 /Fév /2013 10:15

gallimard078245-2009.jpgQuatrième de couverture

 

Owen Brynmor ne comptait plus retourner dans la Pennsylvanie profonde de son enfance, pays provincial et rétrograde partagé entre " Habits rouges " et " Bataves ", autrement dit entre beaufs américains et amish rigoristes. Mais à peine engagé comme reporter au journal local, il décroche un scoop : le retour du Démon de Blue Ball, cette bête mystérieuse qui jadis ravagea la région. À moins qu'il ne s'agisse d'un canular... Or, si son enquête l'amène à exhumer la légende du Kornwolf, ce loup-garou qui hanta l'Europe du dix-septième siècle, elle croise aussi, à chaque pas, la trajectoire d'Ephraim Bontrager, un orphelin muet qui vit en marge de sa communauté religieuse. Mais où s'incarne vraiment le Mal ? Dans un monstre quelconque, ou parmi les humains qui le pourchassent ? Dans ce dernier roman, Tristan Egolf renoue avec la veine truculente et enragée du Seigneur des porcheries. Tout en pastichant la littérature fantastique, il manifeste une verve gourmande et une énergie langagière de tous les instants pour offrir une peinture vengeresse d'une Amérique dégénérée, dont seuls les parias méritent d'être sauvés. On n'est pas près d'oublier la puissance visionnaire de cette écriture torrentielle.

 

Tristan Egolf renoue avec les thématiques déjà présentes dans son premier roman « Le seigneur des porcheries », à savoir une figure désignée en marge de sa communauté qui cristallise toutes les peurs, haines et rumeurs malveillantes ainsi que le rejet de cette incarnation du mal par la communauté humaine dans la violence et le déchainement des pulsions les plus viles, la victime devenant bien malgré elle le catalyseur de toutes les bassesses humaines.

 

Cette figure sacrificielle prend ici les traits d’un jeune garçon innocent atteint de lycanthropie, maladie dégénérative qui lui a été transmisse par héritage familial. Une fois de plus, personne n’est épargné dans ce roman, ni la communauté Amish ni les « Gens simples » ni les « Habits rouges » et encore moins la police locale. Même la plus petite structure humaine, à savoir la famille, est totalement défaillante : tout n’est qu’asphyxie, paralysie , destruction et désolation. L’auteur n’est décidemment pas tendre envers le genre humain !

 

Un roman moins puissant que l’excellentissime « Le seigneur des porcheries » mais qui séduira tout de même les fans de la première heure.

Par Sentinelle - Publié dans : Littérature américaine
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