Lundi 29 juin 2009
Lemaster Carlyle, président de l'université de New England College, l'une des plus prestigieuses d'Amérique, forme avec sa femme Julia, elle-même doyenne et vice-présidente de l'école de théologie, un des couples africains-américains les plus jalousés de Nouvelle-Angleterre. Un soir, alors qu'ils rentrent d'une réception à l'université, ils sont pris dans une tempête de neige et leur voiture quitte la route. Près du lieu de l'accident, ils découvrent un cadavre. Julia, horrifiée, reconnaît le corps de son ancien amant, Kellen Zant, devenu depuis un brillant professeur d'économie de New England. Ce crime va avoir sur chaque membre de la famille Carlyle des conséquences dévastatrices dont l'onde de choc se propagera jusqu'à la Maison Blanche. Car, en même temps qu'elle démasque la bienveillance de façade des habitants d'Elm Harbor (surnommé par Julia « le cœur de la blancheur ») à l'égard de « l'obscure nation », l'enquête sur le meurtre de Kellen en réveille un autre, vieux de trente ans, qui semble impliquer Lemaster et son ami le Président...

Etant une grande amatrice des polars sociaux nordiques, je ne pouvais que me laisser tenter par ce roman qui nous plonge, pour changer un peu de continent, dans l’Amérique bien pensante et ses dessous moins reluisants, plus précisément dans une famille afro-américaine appartenant à l’upper class, à savoir l’élite noire américaine et ses difficultés d’intégration dans la communauté blanche malgré leur élévation sociale. En revenant sur le meurtre d’une jeune fille blanche commis trente ans plus tôt, c’est tout un pan de l’Amérique qui s’ouvre à nous : une Amérique où les jeux d’influence, la manipulation et le chantage ne sont que quelques-uns de moyens utilisés pour atteindre ses objectifs et accéder au pouvoir tant convoité.

Vous l’aurez compris, ce n’est pas tant le côté polar ni le côté thriller qui prédominent dans ce roman mais bien la radioscopie de l’élite de la communauté afro-américaine et la question raciale, sans oublier l’importance des clans et des castes dans la vie communautaire. D’où de nombreux développements qui prennent du temps et qui peuvent parfois sembler un peu longs, surtout vers la fin qui me semblait se trainer et qui aurait franchement gagné à être plus concise. Il ne reste que le propos est intéressant et que ce roman est d’un bon niveau : l’auteur maitrise parfaitement son sujet, appartenant lui-même au milieu aisé afro-américain et étant donc par là-même bien placé pour dévoiler ce que peuvent cacher les apparences d’une pseudo intégration sociale et les concessions nécessaires pour atteindre les échelons élevés d’une société où la couleur de peau reste malgré tout un trait distinctif, et ce quelque que soit son degré de compétence.

Un roman dont les droits seront, sans nul doute, acheté par Hollywood et que nous verrons adapté sur grand écran d’ici quelques années tant l’histoire s’y prête bien volontiers.

Quelques mots sur l’auteur : Stephen Carter est le premier professeur noir titulaire d'une chaire de la célèbre université de Yale (1985). Ce juriste reconnu, ancien conseiller du président Clinton, a également signé de nombreux essais sociopolitiques qui ont fait grand bruit outre-Atlantique, dans les milieux intellectuels comme dans le grand public. Son premier roman, « Echet et Mat », connu un immense succès aux Etats-Unis et fut traduit dans de nombreux pays. « La dame noire » est son deuxième roman et un troisième est déjà en préparation.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Robert Laffont qui m’ont proposé ce roman dans la cadre de l’opération Masse critique.


Par Sentinelle - Publié dans : Littérature américaine
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Mercredi 3 juin 2009
Fermeture annuelle pour trois semaines, je vous souhaite d'agréables lectures d'ici là. 


Par Sentinelle - Publié dans : La blogosphère
Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires - Recommander
Jeudi 28 mai 2009

Isolée sur un atoll de l'océan Indien, la fine fleur de la physique mondiale est en quête du Graal. Elle œuvre à un ambitieux projet fondé sur la théorie des cordes, qui permettrait d'ouvrir le temps. S'ils parviennent avec ravissement à contempler le passé de l'humanité - la crucifixion du Christ ou la terre à l'ère jurassique -, les scientifiques perçoivent rapidement que ce programme, financé par de mystérieux fonds privés, pourrait connaître des applications moins angéliques. Un drame conduit à la suspension immédiate des recherches, dispersant aux quatre vents les apprentis sorciers.

Dix ans plus tard, clans une université de Madrid, Elisa Rohledo déplie un journal pour étayer une thèse de physique théorique. Une fraction de seconde lui suffit à comprendre qu'elle est en danger de mort. Aux côtés d'un confrère, depuis toujours intrigué par la modestie des aspirations professionnelles de la séduisante physicienne au regard de son cursus académique, Elisa et ses anciens acolytes retournent aux origines de la tragédie, sur cet îlot où ils avaient profané le temps.



Bilan de lecture mitigé : je m’attendais à un thriller haletant de bout en bout et je me suis retrouvée avec un roman qui démarre bien mais qui rapidement ne tient plus ses promesses, la monotonie guettant même en fin de parcours. Pourtant le thème avait tout pour me séduire et la fluidité de l’écriture de Somoza est toujours aussi agréable à lire. Mais trop de répétitions, le manque de souffle, une histoire qui s’englue, des ficelles narratives récurrentes et des explications qui manquent cruellement de vraisemblance ont fait que je me suis retrouvée à tourner les pages gentiment mais sans conviction aucune, avec même une pointe d’ennui (un comble pour un thriller). C’est étrange mais Somoza a réussi à me faire totalement douter de la crédibilité de son récit là où d’autres auteurs, beaucoup plus fantasques et imaginatifs, réussissent à me convaincre de par la cohérence de l’univers qu’ils proposent. Dommage car il y avait matière à construire un thriller plus efficace et mieux abouti.

Ceci dit, un petit tour sur le net me fait dire qu’il y a plus de lecteurs enthousiastes que de mécontents, même si je ne suis pas isolée non plus. A vous de faire votre propre opinion, comme toujours ;-)

Sur ce blog, du même auteur :

   

Par Sentinelle - Publié dans : Polars, intrigues, thrillers et romans noirs
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Lundi 25 mai 2009




Toute amitié est un drame inapparent, une suite de blessures subtiles.

Emil Cioran - De l’inconvénient d’être né

                    Cité en exergue de la nouvelle L'Autre côté du Quai.

 



 



Le recueil de nouvelles Pétales nous entraîne dans six nouvelles aussi étranges et inquiétantes les unes que les autres : Ptôse ou l’histoire d’un photographe fasciné par les paupières des femmes - Transpersienne ou l’histoire d’une femme spectatrice d’une scène d'onanisme chez son voisin d’en face -  Bonsaï  ou l’histoire d’un homme qui découvre dans un jardin botanique sa vraie nature de cactus - L'Autre côté du Quai ou la recherche de la vraie solitude – Pétales ou l’histoire d’un chasseur d'odeurs qui traque sa Fleur dans les toilettes pour dames et enfin Bézoard ou l’histoire d’une femme atteinte de trichotillomanie qui tombe amoureuse d’un homme lui-même atteint de manies. 

Comme vous pouvez le constater, ce court recueil de nouvelles explore les zones d’ombres et les frontières fragiles de l’anormalité : voyeurisme, trouble obsessionnel compulsif, manie, fétichisme, l’auteur Guadalupe Nettel nous entraîne dans le monde étrange de l’obsession et de la perversité par petites touches, donnant à ces récits une tonalité empreinte d’étrangetés suscitant un certain malaise chez le lecteur. La première nouvelle Ptôse m’a d’ailleurs terriblement fait penser au court récit L’annulaire de Yôko Ogawa.


Une manière poétique d’aborder certaines déviances psychologiques, que ce soit en approchant la perversité, les névroses ou certains états proches de la dépersonnalisation. Nous sommes loin des classifications psychiatriques froides et sans nuances des comportements déviants : Guadalupe Nettel lève le voile sur cette part de monstruosité qui est en nous et qui nous concerne tous, tant la frontière peut parfois être mince entre le normal et le pathologique, d'où ce sentiment de malaises, de troubles et de gênes à la lecture.


Une belle réussite et un auteur à suivre, sans aucun doute !


Guadalupe Nettel est née à Mexico en 1973. Elle collabore à différentes revues et suppléments littéraires et est l'auteur de deux recueils de nouvelles : Les Jours fossiles (L'Eclose, 2002) et Pétales (Actes Sud, 2009), ainsi que du roman L'Hôte (Actes Sud, 2006). Pétales a obtenu au Mexique les prix Gilberto Owen et Antonin Artaud.

 

Quelques avis trouvés sur les blogs littéraires : BMR, Virginie, Leiloona, Isa  et Fashion.

Par Sentinelle - Publié dans : Contes, nouvelles, fables et féeries
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires - Recommander
Jeudi 21 mai 2009



Livre I : Mai 1891, Sherlock Holmes disparaît en Suisse aux Chutes de Reichenbach, entraînant avec lui dans la mort son plus grand ennemi, le professeur Moriarty. Quelques jours plus tard, l’appartement du détective au 221 b Baker Street est mis à sac par des hommes de mains envoyés par Mycroft Holmes, le propre frère de Sherlock. Mycroft tente ainsi de détruire toutes les preuves de la folie de son frère, qu’il accuse de s’être abandonné à la cocaïne. Pour lui, la mort de Holmes est le suicide déguisé d’un homme qui ne pouvait se résoudre à voir son cerveau détruit par la drogue. Malgré les preuves apportées par Mycroft, Watson se refuse à croire cette version des faits. Il se lance à travers toute l’Europe dans une incroyable enquête qui va tout lui révéler de l’histoire de Sherlock Holmes et de sa famille.






Livre II : Chez les parents d'Holmes, le mystère s'épaissit. Watson fait de bien mystérieuses découvertes en fouillant dans la chambre d'enfance de son ami. Quelle influence a bien pu avoir Mycroft Holmes sur son frère Sherlock ? Comment interpréter les propos de Mycroft qui affirme que l'ennemi mortel d'Holmes, le professeur Moriarty, n'a jamais existé ?








Attention, coup de cœur ! Deux tomes déjà sortis sur neuf de prévu, la série Holmes de Cécil et Brunschwig devrait ravir tous les amateurs de BD et des aventures de Sherlock Holmes.

Scénario de grande qualité, qui revient sur l’enfance et la famille de Sherlock Holmes afin d’élucider les circonstances de sa mort par un docteur Watson et son jeune acolyte qui n’hésiteront pas à utiliser les mêmes procédés que leur célèbre mentor aujourd’hui disparu. Une enquête qui va lever le voile sur les nombreuses ombres persistantes entourant la vie et la personnalité de notre détective préféré.

Une histoire qui nous tient en haleine et dont nous sortons frustré à la fin du second tome du fait de devoir patienter jusqu’à la sortie de troisième tome avant de pouvoir connaître la suite des événements.

Le graphisme n’est pas en reste : couleurs gris-bleu pour la période qui suit la disparition de Sherlock Holmes et couleurs sépia pour ce qui précède la rencontre entre Watson et Holmes, un beau jeu d’ombres et de lumières et une belle précision du trait. L’atmosphère victorienne est excellemment bien rendue également.

En résumé, on respecte le style Sherlock Holmes tout en revisitant le mythe ! Cela faisait longtemps qu’un début de série ne m’avait autant enthousiasmée, je ne peux que vous la conseiller. Et j’attends la suite avec grande impatience.


Par Sentinelle - Publié dans : BD
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander
Lundi 18 mai 2009
" Le jour où je revins à Templeton, en pleine disgrâce, le cadavre d'un monstre mesurant près de seize mètres émergea à la surface du lac Glimmerglass ". Ainsi s'ouvre Les Monstres de Templeton, un roman qui balaie deux siècles d'histoire : celle d'une jeune fille à la recherche de son père, et celle d'un village, ancrée dans l'Amérique profonde, au milieu des légendes et des secrets de famille. A la suite d'une déconvenue amoureuse, Willie Upton frappe à la porte de la vieille demeure où vit encore sa mère, Vivienne, ancienne hippie devenue baptiste fervente sur le tard... Au lieu du réconfort qu'elle vient y chercher, Willie trouve le village sens dessus dessous, chamboulé par l'apparition d'un animal démesuré, et découvre un terrible mensonge : son père existe bel et bien, elle n'est pas le fruit hasardeux des amours libres de sa mère, mais bien la fille d'un homme connu et reconnu dans Templeton. Lancée dans une enquête à rebondissements pour retrouver son père, elle part sur la trace de ses ancêtres et reconstitue la fabuleuse généalogie qui mène à son histoire.

Quel sympathique roman et quels personnages truculents et attachants ! Nous voilà embarqués dès les premières pages dans la vie des habitants de Templeton : lorsque Willie Upton revient chez sa mère désoeuvrée en pensant être enceinte de son professeur de fac, elle ignore encore que son père naturel jusqu’alors inconnu est non seulement un habitant de la ville mais également un membre de sa famille dans la mesure où il serait issu d’une branche bâtarde de l’arbre généalogique. En voilà une nouvelle, car il faut savoir que Willie Upton n’est pas issue de n’importe quelle famille : elle est l’ultime descendante de la famille la plus illustre de Templeton, son aïeul Marmaduke Templeton ayant poser les fondations de la ville deux siècles plus tôt. Quel aïeul a pu tromper son conjoint et concevoir un enfant illégitime dont son père naturel serait l’ultime descendant ? Pour répondre à cette question, Willie Upton se lance à corps perdu dans une recherche généalogique afin de retrouver l’identité de son père naturel mais aussi peut-être oublier un temps d’autres problèmes plus ‘personnels’.

Son grand retour dans sa ville natale sera également l’occasion de renouer certains liens avec d’anciennes connaissances, comme les joyeux joggeurs mais aussi d’anciens camarades de classe oubliés depuis longtemps mais qui se feront un plaisir de se rappeler à sa mémoire…

Cette recherche généalogique servira également de prétexte pour parcourir deux siècles d’histoire de la ville à travers les lettres, archives, témoins et journaux intimes découverts lors de ses recherches.

Saga familiale, quête identitaire, secret de famille, parcours initiatique, le tout agrémenté d’un soupçon de fantastique, « Les monstres de Templeton » est un roman idéal pour ne pas se prendre la tête et décompresser. Sans oublier une écriture fluide sans aucun temps morts et des personnages bien développés, enfin bref, un bon roman divertissant avec tout ce qu’il faut pour passer un excellent moment de lecture.

Il n’est guère étonnant que ce premier roman d’une jeune auteure américaine de 30 ans à peine ait connu dès sa publication aux Etats-Unis un beau succès littéraire. Une réussite amplement méritée. Et je guetterai avec curiosité la parution de son prochain roman !

Cuné a bien aimé également et Chaplum a eu un véritbale coup de coeur pour ce roman.

Les monstres de Templeton de Lauren Groff, traduit de l’américain par Carine Chichereau, Editions Plon, Collection Feux croisés, ISBN 225920743X, 08/2008, 434 pages


Par Sentinelle - Publié dans : Littérature américaine
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Recommander
Samedi 16 mai 2009
Le polar venu du froid ayant le vent en poupe, et après avoir apprécié les auteurs islandais Arnaldur Indriðason et Arni Thorarinsson sans oublier l’auteur suédois Stieg Larsson et sa désormais très célèbre trilogie « Millénium », j’avais envie de me frotter un peu à un autre auteur de polar nordique, plus précisément le norvégien Gunnar Staalesen.

Gunnar Staalesen se lance dans le roman policier en créant en 1975 le détective privé Varg Veum, homme solitaire connaissant des problèmes d’alcool et explorant à l’occasion de ses enquêtes les plaies et vices de la société norvégienne. Bref, un héros sans grande originalité qui respecte assez bien les règles du genre, tout en permettant à l’auteur de donner une vision réaliste de la société norvégienne en allant plus loin que les images d’Épinal que nous pouvons avoir du célèbre modèle social scandinave.

« La Femme dans le frigo », écrit en 1981 et publié pour la première fois en France aux éditions Gaïa en 2003, est le quatrième volume de la série des Varg Veum, après « Le loup dans la bergerie », « Pour le meilleur et pour le pire», et « La Belle dormit cent ans ».

Un jeune homme a disparu. Employé sur les plates-formes pétrolières du port norvégien de Stavanger, il n’a plus donné signe de vie
à sa mère, une femme âgée d'une soixantaine d'années,  depuis son retour à la terre ferme . Le détective privé Varg Veum, engagé par cette femme qui s’inquiète de ce long silence et qui n’arrive plus à joindre son fils depuis lors, part enquêter dans cette ville étrange transformée par l'or noir. Un garçon sans histoires. La logeuse confirme. L'appartement est vide. Aucune trace de désordre. A un détail près : dans le frigo, le corps sans tête d'une femme...

Que dire sur ce roman ? Gunnar Staalesen a une plume honnête mais cela n’a pas suffit à me convaincre totalement. L’intrigue n’est pas follement originale et le propos guère plus (la ville qui se dégrade depuis l’exploitation de son or noir et dans laquelle le progrès et la croissance vont de pair avec l’augmentation de la criminalité en tous genres, ce n’est tout de même pas très novateur). Soulignons tout de même que l’écriture de ce roman n’est pas toute récente, puisqu’elle date de 1981 ! Il est bien possible que le propos et l’intrigue faisaient preuve de plus d’originalité à cette époque alors qu’il donne une impression de déjà vu à l’heure actuelle. Il ne reste que ce roman si lit facilement sans trop de mauvaises surprises non plus.
Dommage qu’il y ait un si grand décalage entre les parutions originales de la série des Varg Veum et celles traduites en français car j’aurais bien volontiers essayé de me procurer un de ses derniers romans pour ne pas rester sur cette impression mitigée et constater par moi-même le parcours suivit par l’auteur depuis lors.

Papillon n’est pas plus convaincue que moi tandis que Clarabel l'est nettement plus. Philippe, qui est pourtant un grand fan de la série, s'est également ennuyé à la lecture. Je n'ai sans doute pas pioché le bon roman au titre pourtant si accrocheur. Suite au conseil de cynic63, je tenterai sans doute prochainement "Les anges déchus" !

La Femme dans le frigo de Gunnar Staalesen, traduit du norvégien par Elisabeth Tangen, Editions Folio Policier, ISBN 2070315614, 03/2006, 316 pages


Par Sentinelle - Publié dans : Polars, intrigues, thrillers et romans noirs
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander
Vendredi 15 mai 2009
Cliquez sur la couverture pour accéder au billet correspondant.



Le Désert de la grâce de Claude Pujade-Renaud, Editions ACtes Sud, Collection Babel, ISBN 2742784020, 1 mai 2009, 280 pages, 7€50
Par Sentinelle - Publié dans : Nouvelles parutions : poche et réédition
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 14 mai 2009

Dans les années 1930, un couple de Japonais s'installe à Batavia et occupe une modeste maison dont il partage le jardin avec deux autochtones, Eurasiennes désoeuvrées et cancanières. Dans ce jardin, une plante immense aux bras tendus vers le ciel semble déplaire à la jeune femme : raide et agressive, cet aloès lui fait regretter l'élégance des pivoines odorantes de son pays natal. Derrière la haie, les voisines épient Mme Yamada à longueur de journée, interprètent les mystères de son comportement. Mais lorsqu'elle sera en danger tout près de l'aloès, les deux commères assisteront sans comprendre à un drame qui les dépasse... Ecrites depuis 1948, les sept nouvelles rassemblées ici par l'auteur illustrent parfaitement la thématique de l'ensemble de son oeuvre. Elles abordent ainsi le thème du secret, ou de l'empathie avec un passé dont la présence peut être étrangement ressentie, et parfois envahir notre imaginaire.

Raffinement, solidité de l'écriture : marque indélébile d'un auteur qui montre à travers le temps une remarquable permanence ; finesse psychologique et puissance imaginative qui ne se contente pas d'investir le passé mais s'aventure souvent aux franges de l'étrange. Ce petit livre complète avec bonheur la découverte de l'oeuvre de la grande romancière néerlandaise.

Hella S. Haasse, écrivain hollandais né à Jakarta en 1918, est avant tout connue pour ses romans. Les plus hautes distinctions littéraires néerlandaises ou étrangères ont d’ailleurs récompensé l'ensemble de son oeuvre. C’est néanmoins par l’entremise de ses nouvelles écrites entre 1948 et 2006 et présentées par ordre chronologique dans ce présent recueil que j’ai découvert cet auteur. Pour ceux qui la connaissent bien, il semblerait que ces nouvelles brassent les thèmes de prédilection de la dame : la moiteur et les senteurs de l’Indonésie hollandaise évoquant son passé colonial en passant par les secrets de famille et les réminiscences du passé, le tout teinté  d'une tonalité douce amère pouvant nous mener à la lisière du fantastique.

Comme l’écriture s’étale sur plus de cinquante ans, nous pouvons suivre en quelque sorte l’évolution de l’écriture de Hella S. Haasse au fil du temps: de récits structurés et bien construits, ne laissant que peu d’espace à notre imaginaire quant à l’interprétation du contenu, nous passons au fur et à mesure aux récits plus évaporés, plus courts et fleurtant de plus en plus du côté de l’imaginaire et de l’irréel, laissant de ce fait la part belle à l’inexplicable et l’étrange. Le hic est que j’ai justement de moins en moins apprécié les nouvelles au fur et à mesure de ma lecture, qui je le rappelle sont publiées dans l’ordre chronologique de leur écriture. Est-ce à dire que je préfèrerais ses premiers romans aux plus récents ? A vérifier. Quoi qu’il en soit, j’ai apprécié la finesse de son écriture et les thèmes développés, je vais donc très prochainement faire le grand saut et aborder un de ses nombreux romans. A ce propos, si vous connaissez bien l’auteur, n’hésitez surtout pas à me conseiller l’un ou l’autre de ses romans pour me guider dans mon prochain choix !

Aloe ferox de Hella S. Haasse, Editions Actes Sud, Collection Lettres néerlandaises, ISBN 2742777342, 09/2008, 157 pages
Par Sentinelle - Publié dans : Contes, nouvelles, fables et féeries
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mardi 12 mai 2009

Le sergent Barbara Havers est résolument laide et revêche et bien décidée à le rester. Elle adore son boulot mais l'idée de faire équipe avec l'inspecteur Lynley, un ancien d'Eton, pur produit de l'aristocratie britannique, lui est insupportable. Un type qui prétend travailler à Scotland Yard pour se rendre utile à la société, au lieu de vivre sur ses terres ! Un type pourri de charme et avec qui aucune femme n'est en sécurité. Sauf la pauvre Barbara évidemment... Mais les querelles de ce couple inattendu cessent vite devant l'atrocité d'un crime qu'ils sont chargés d'élucider. Dans un paisible village d’Yorkshire, on a trouvé le corps sans tête de William Teys, paroissien modèle. A côté du cadavre, une hache et, près de la hache, une grosse fille qui gémit : "C'est moi qui ai fait ça et je ne le regrette pas." L'épouvante ne fait que commencer.


Elizabeth George est une auteure américaine qui excelle dans l'écriture de romans policiers "à l'anglaise". Les enquêtes sont menées par un couple de policiers du Scotland Yard, la célèbre police métropolitaine de Londres. Il se fait que ces deux policiers sont plutôt aux antipodes l’un de l’autre : l’inspecteur Thomas Lynley, huitième comte d’Asherton, élégant, riche, tombeur, cultivé et plein de compassion pour autrui, et le sergent Barbara Havers, femme frustre, mal fagotée, plutôt laide, issue d'une banlieue crasseuse de Londres et qui déteste par-dessus tout l’aristocratie britannique. Un couple improbable aux origines sociales et aux préoccupations quotidiennes diamétralement opposées qui devront apprendre à dépasser leurs différences pour résoudre les affaires criminelles. Notez également qu’Elizabeth George se distingue des auteurs de polars par l’importance qu’elle accorde à la psychologie des personnages, son DEA obtenu en psychopédagogie ne devant pas être étranger à sa finesse d’analyse des comportements humains. De ce fait, la description minutieuse des actes et des situations qui précéderont le crime lève le voile le plus souvent – mais pas toujours - sur un meurtrier profondément humain pour qui nous pouvons éprouver une certaine compassion.

J’ai découvert Elizabeth George il y a maintenant quelques années. J’ai très vite accroché à son style : importance de la psychologie des personnages, ambiance très british, roman touffu qui prend le temps de disséquer les faits sans oublier l’intérêt porté au couple de policiers qui sont des personnages à part entière dans la mesure où nous suivons leur évolution au fil des romans. Ce que j’apprécie également dans ses romans est le fait que l’auteure effectue un travail de recherche et de documentation impressionnant avant d’explorer de fond en comble une problématique individuelle ou un fait de société, donnant par la même une grande crédibilité à ses enquêtes. Petit bémol toutefois : l’auteure n’évite pas toujours certaines longueurs, il vaut mieux donc avoir du temps devant soi avant de se plonger dans un de ses romans, raison pour laquelle je les lis souvent en période de congé.

Je n’ai malheureusement pas commencé la série dans l’ordre de parution, dans la mesure où cela n’était pas vraiment indispensable pour suivre le déroulement de chaque nouvelle enquête mais je le regrette un peu car j’ai parfois manqué de repères pour bien comprendre l’évolution des personnages, que ce soit au niveau de leur vie privée qu’au niveau professionnel. Je vous conseille donc de ne pas faire comme moi et de suivre si possible l’ordre de parution des romans (17 romans déjà parus à ce jour).

Quant à moi, j’en suis à mon cinquième roman lu de l’auteure, qui est également le premier de la série. J’ai envie de dire que la lecture de ce premier roman, « Enquête dans le brouillard », est essentielle dans la mesure où c’est dans ce roman qu’Elizabeth George campe ses personnages principaux et que nous percevons à quel point la différence des classes sociales peut être génératrice de dissensions. Quant à l’intrigue, elle n’est pas vraiment représentative des enquêtes habituelles, qui seront plus fouillées et mieux documentées par la suite. Mais je n’ai pas du tout boudé mon plaisir, que du contraire, j’ai passé un très bon moment de lecture en compagnie de l’inspecteur Thomas Lynley et du sergent Barbara Havers, une fois de plus !


Par Sentinelle - Publié dans : Polars, intrigues, thrillers et romans noirs
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander

Présentation

  • : Le blog de Sentinelle
  • livresque-sentinelle
  • : cinéma peinture lecture Littérature
  • : Après avoir participé quelques mois à divers forums littéraires, l'envie s'est fait sentir de disposer d'un espace plus personnel afin de partager avec vous mes lectures mais également mes coups de cœur divers au gré de mes envies. Adresse de contact : 100tinelle@gmail.com
  • : 14/03/2008
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Recherche

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Derniers Commentaires

Musique






Divers













Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus